Depuis le début de l'année, Julie Larcopage, l'une des deux fleuristes de Conches-en-Ouche (Eure), a choisi de mettre à profit ses invendus pour embellir les tombes négligées des cimetières environnants.
À l'ouest d'Evreux, la commune de Conches-en-Ouche est connue pour la précieuse collection de son musée du Verre. Cependant, récemment, l'initiative d'une des fleuristes locales est devenue la plus discutée.
Établie dans sa boutique « Ju’Lys fleurs » depuis octobre dernier, Julie Larcopage, 31 ans, a imaginé un moyen original d'utiliser ses fleurs invendues en décorant les pierres tombales négligées du cimetière voisin et même d'autres à proximité lorsqu'elle en a la possibilité.
Mettre des touches de couleurs dans un cadre austère
« L'idée m'est venue à Noël. Pour des raisons de santé, mes grands-parents m'ont demandé de m'occuper de la tombe de mon oncle. En y allant chaque semaine, j'ai remarqué combien de sépultures étaient désertées et je me suis dit qu'il y avait quelque chose à entreprendre », raconte-t-elle en évoquant sa démarche paisible.
Une manière pour elle d'apporter « des touches de couleur dans cet endroit un peu froid ». Ce sentiment remonte à son enfance, lorsqu'elle accompagnait sa grand-mère durant sa tournée des cimetières à la Toussaint, des moments qui lui restent précieusement en mémoire.
Une démarche respectueuse et réfléchie
Cependant, Julie Larcopage reste vigilante et ne désire pas reproduire certaines pratiques controversées observées sur TikTok, où des inconnus refont entièrement des tombes sans l'accord des familles. « C'est une question de respect. Même avec de bonnes intentions, on risque de blesser des proches. Je ne souhaite en aucun cas devenir intrusive », souligne-t-elle.
Sa démarche a été saluée par les habitants, et elle a reçu de nombreux témoignages de gratitude et d'encouragement dans la presse locale. « Je fais cela chaque lundi, fleurissant dix à quinze tombes à chaque fois, selon les fleurs disponibles. Parfois, un simple pot de jacinthes peut suffire à apporter un sourire », conclut-elle. Cette belle initiative peut être un exemple de solidarité et d'humanité pour de nombreuses autres communes.







