Édouard Philippe, qui avait conditionné l'avenir de sa candidature présidentielle à sa réélection au Havre, semble sur la bonne voie. Ce dimanche, il se classe en tête du premier tour avec 43,76%, devançant Jean-Paul Lecoq, son adversaire communiste (33,25%), et Franck Keller, représentant de l'UDR et du RN (15,3%).
Maire depuis 2010, Philippe réalise des performances similaires aux précédents scrutins, témoignant d'un soutien solide qu'il a cultivé au fil des années. Son appel à la mobilisation cette semaine a peut-être joué un rôle dans cette dynamique positive.
Un sondage d'Opinionway, publié le 25 février, avait pourtant projeté une défaite au second tour contre Lecoq (42 contre 40%). En réaction au résultat du premier tour, Philippe s’est montré pragmatique, rappelant que "les élections ne sont pas les sondages" et affirmant son engagement envers ses électeurs.
"Je vais aborder ce second tour avec humilité et détermination", a-t-il déclaré, tout en prévenant des conséquences d'une victoire du candidat communiste et de son allié LFI, qu’il considère comme un "retour en arrière".
Jean-Paul Lecoq a reconnu la nécessité de mobiliser son électorat, faisant remarquer que des voix restaient à capter pour espérer l'emporter. "Une forte envie de changement est palpable", a-t-il indiqué, soutenu par le PS et des écologistes.
Les leaders de La France insoumise cherchent déjà à consolider un accord avec Lecoq, tandis qu'en parallèle, Franck Keller a annoncé son intention de poursuivre sa candidature, convaincu que son score a doublé par rapport à 2020, générant ainsi une triangulaire.
Les trois candidats s'affronteront lors d'un débat télévisé ce mercredi, suivi par une réunion publique organisée par Philippe jeudi. Ce scrutin municipal constitue un test crucial pour son parti Horizons, fondé en 2021, alors qu'il prépare sa candidature à l'élection présidentielle de septembre 2024.
La dynamique politique est tendue : à Nice, le maire sortant Christian Estrosi fait face à Eric Ciotti, tandis que Pierre-Yves Bournazel à Paris navigue entre maintien et alliance. Philippe a exprimé sa volonté d'unir la droite et le centre à Paris, malgré des discordances avec ses candidats.
Avec l'ambition d'étendre son influence, Horizons espère maintenir ses figures clés tout en s'attaquant à de nouvelles conquêtes, démontrant ainsi que la voie est semée d'embûches mais prometteuse.







