Dans une lettre adressée au Premier ministre et relayée par l'AFP, les principaux distributeurs français ont exprimé leur refus catégorique face au projet gouvernemental d'encadrer leurs marges. Ils demandent un retrait immédiat de ce texte.
Les représentants de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) affirment que "le projet de décret sur les prix de vente au détail des carburants est injuste, inapplicable et illégal". Signée par les dirigeants des cinq plus grandes enseignes, la lettre souligne un mécontentement croissant contre les réglementations perçues comme une atteinte à leur activité.
Éviter des effets d'aubaine
Les distributeurs insistent sur le fait que leurs marges sur les carburants oscillent entre 1 et 2 centimes par litre, une somme qu'ils jugent à peine suffisante pour couvrir leurs coûts d'exploitation. "Ce sont les raffineurs qui ont réalisé des profits considérables", affirment-ils, arguant que le décret n’impose aucune contrainte suffisant aux acteurs de la filière.
Le gouvernement, dans ses explications, vise à "éviter des effets d'aubaine" et à maîtriser les prix à la pompe. Cependant, Matignon précise que la question de l'encadrement des marges n'est pas encore tranchée.
Après le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, le gouvernement lutte pour réduire les prix à la pompe, tout en rejetant l'idée d'apporter une aide universelle aux automobilistes afin de prévenir une dérive budgétaire.
Une erreur technique grave
Le projet de décret prévoit que le prix de vente soit déterminé sur la base d'un prix de référence calculé sur les cinq jours précédents sur le marché de Rotterdam, une approche que les distributeurs qualifient d'"erreur technique grave". Selon eux, ce mécanisme pourrait les conduire à vendre à perte, nuisant ainsi à leur liberté d'entreprendre.
Les distributeurs proposent une solution alternative : suspendre temporairement la collecte des Certificats d'économies d'énergie (CEE), qui ajoute environ "15 à 20 centimes par litre" au prix du carburant.







