À la croisée des chemins, l'entreprise ornaise SAPL a su se relever en obtenant un contrat de 15 millions d'euros pour équiper les forces de l'ordre avec ses boucliers anti-émeutes. Cette commande, qui s'étend sur trois ans, constitue un véritable tournant pour cette société qui avait frôlé la faillite.
Les boucliers anti-émeutes, reconnu pour leur résistance exceptionnelle, permettent de supporter des impacts de 1 327 joules. "C'est une avancée significative dans un secteur où la concurrence est féroce, avec des entreprises venant d'Europe de l'Est et d'Asie," souligne Émilie Lefebvre, directrice générale de SAPL. Depuis 1924, l'entreprise, héritage familial, a traversé de nombreuses tempêtes, mais trouve une nouvelle dynamique grâce à cet investissement gouvernemental.
Pour moderniser sa production, SAPL a récemment acquis un robot d'encartouchage d'une valeur de 230 000 euros, capable de multiplier par 24 sa capacité de production annuelle. "Il nous permet de passer d'une production de 250 000 cartouches à 6 millions, facilitant ainsi la fabrication de notre cartouche CS, utilisée pour stopper des véhicules lors d'opérations délicates," explique la dirigeante.
Un marché mondial
Au-delà des frontières, Émilie Lefebvre s'investit activement dans la recherche de nouveaux contrats à l'international. Des pays comme l'Ukraine et le Liban sont au cœur de ses préoccupations et soulignent l'importance d'une industrie locale de défense. "La situation géopolitique actuelle nous rappelle que la sécurité est primordiale. Nous devons disposer d'une industrie de la défense solide, 'made in France'," conclut-elle. Ces boucliers seront d'ailleurs utilisés en juin lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, marquant ainsi une étape significative pour l'entreprise et son rôle dans la sécurité nationale.







