Une alliance inédite pour mener à bien ce qui est surnommé le « chantier du siècle ». Le groupe EDF envisage de déléguer le génie civil de la construction de nouveaux réacteurs EPR2 à un consortium qui regrouperait des géants du bâtiment tels que Vinci, Bouygues, Eiffage, ainsi que NGE et Fayat, selon des informations provenant des Échos.
Ce projet ambitieux comprend six projets de réacteurs EPR2, dont les deux premiers sont prévus pour entrer en service en 2038 à Penly, dans la Seine-Maritime, suivis d'autres construits à Gravelines et au Bugey.
Un projet évalué à 72,8 milliards d'euros
Le coût du génie civil pour le projet est estimé à environ dix milliards d'euros, et les poids lourds du BTP se sont unis, avec l'ajout de NGE et Fayat, pour constituer une force collective capable de répondre à ce besoin. Comme l’a rapporté Les Échos, « les trois géants du secteur ont non seulement fait cause commune, mais ont également inclus NGE et Fayat ». Cette collaboration vise à réduire les coûts et les délais, un aspect autrefois problématique pour EDF.
Ce projet revêt une importance capitale, le génie civil étant une des premières dépenses dans le budget global de 72,8 milliards d'euros établi par EDF pour ces six EPR2, un montant qui inclut des marges de sécurité. Des optimisations allant jusqu’à 9,9 milliards d’euros sont envisagées sur l'ensemble du projet.
Bien qu'EDF n'ait pas encore validé officiellement ce consortium, il s'agit d'une évolution stratégique significative pour l'entreprise. Lors des dernières années, Eiffage avait été le seul choix pour le lot de génie civil liées aux premiers EPR2 à Penly.
Une approche tournée vers la compétitivité
EDF a déclaré s'être engagée dans une démarche de compétitivité visant à optimiser ses offres et à diminuer les coûts associés au projet EPR2. Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé récemment pour recueillir des propositions sur le génie civil, sans affecter le projet déjà attribué à Eiffage à Penly.
Face aux retards et aux coûts excessifs observés sur le chantier de l’EPR de Flamanville, EDF tente de suivre un modèle regroupant plusieurs acteurs, inspiré des méthodes utilisées dans les grands projets ferroviaires, pour négocier des prix compétitifs et faciliter une montée en puissance des travaux grâce au partage d’expérience entre des entreprises reconnues.







