La 101e division aéroportée de l'armée américaine, caractérisée par sa devise "Rendez-vous avec la destinée", se prépare activement à embrasser le futur. Récemment, une de ses brigades a mené un exercice intégrant des centaines de drones d’attaque à usage unique, dont une majorité a été conçue par les soldats eux-mêmes.
Cette transformation est largement inspirée des leçons tirées du conflit en Ukraine, où la rapidité de production et la personnalisation des drones se révèlent des atouts stratégiques majeurs. Lors d’un entraînement mené en Louisiane, les soldats ont déployé une multitude de drones pour des tâches variées telles que la reconnaissance, la surveillance ou l’appui opérationnel, tout en expérimentant des systèmes de brouillage.
La technologie d'impression 3D est au cœur de cette évolution, permettant une fabrication rapide et sur mesure de drones adéquats aux besoins spécifiques du terrain. Le colonel Ryan Bell, à la tête de la 3e brigade de combat mobile, a partagé avec Business Insider que parmi les 228 drones déployés pendant cet exercice, près de 150 avaient été construits par les soldats de la division.
Assemblage express
Selon le colonel, "quelques heures suffisent" pour assembler un drone léger, avec une moyenne de deux drones produits quotidiennement par soldat. La phase d'assemblage est facilitée par l'utilisation d'un modèle "made in 101e", comme le drone A101, un appareil léger coûtant environ 750 dollars et entièrement conçu sur site grâce à l'impression 3D.
“Un soldat de 19 ans, lorsqu'il est formé, peut assembler un drone en quelques heures”, souligne un officier. Cet exercice met en lumière à la fois le potentiel et les limites de ces nouvelles technologies au sein de l’armée.
Cette démarche vise à renforcer les compétences des unités, tout en intégrant des outils innovants tels que l'intelligence artificielle et la robotique, mais sans en devenir totalement dépendant. Cette méthode met l'accent sur l'utilisation de ces innovations comme des multiplicateurs de capacités, conservant une certaine autonomie opérationnelle, selon DefenseScoop.

Le colonel Bell a insisté sur la nécessité d'une production industrielle à grande échelle pour ces drones, étant donné qu'un soldat ne peut en fabriquer que quelques-uns par jour. Il appelle également à développer des systèmes simples d'utilisation, pouvant être déployés rapidement, même par des soldats fatigués. "Le défi est de garantir une disponibilité suffisante, car les cibles sont nombreuses", a-t-il ajouté.
Pour cette unité d'élite, impliquée à la fois dans le débarquement en Normandie en 1944 et dans les opérations en Irak en 2003, une transformation significative est en marche. Bien que les parachutes traditionnels ne soient pas complètement obsolètes, ils cèdent progressivement la place à une nouvelle ère : celle des drones, intégrant des composants électroniques sophistiqués qui redéfinissent les actions militaires sur le champ de bataille.







