Le 27 juillet, un nouveau pont reliant Détroit, aux États-Unis, et Windsor, au Canada, sera inauguré. Si le Canada a financé l'intégralité des travaux, les bénéfices de cette infrastructure seront partagés entre les deux nations. Ce projet s'est toutefois heurté aux réticences de l'ancien président américain Donald Trump, qui a récemment mis en avant des tensions sur le plan commercial. « Trump a pris la frontière en otage », dénonce la presse canadienne.
En mémoire de Gordie Howe, légende du hockey canadien, le gouvernement canadien a annoncé la construction de ce pont en 2015, bien avant le décès du joueur emblématique. Cette infrastructure, destinée à désengorger un trafic routier souvent saturé, est devenue le symbole de nouvelles frictions diplomatiques entre Ottawa et Washington. « Ça me semble plutôt bien », avait sobrement commenté Howe, comme le rappelle son fils, Murray, à WXWZ.
Le pont, long de 2,5 kilomètres et coûtant 6,4 milliards de dollars canadiens (environ 4 milliards d'euros), a été entièrement financé par le gouvernement canadien. Toutefois, la CBC rapportait qu'en février, Trump a exigé que le Canada cède au moins la moitié de la propriété du pont et accepte d'autres demandes non spécifiées. « C’est du taxage ! », a fulminé le quotidien La Presse, qualifiant cet accord de « pont de la discorde ».
Pour éviter l'escalade des tensions, le Canada a finalement accepté de partager les profits des péages pendant quinze ans avec les États-Unis. Selon CTV News, le Premier ministre Mark Carney a tenté de rassurer en qualifiant ce compromis de bonne affaire, en précisant que les profits à partager avec les États-Unis seraient minimes après le remboursement de la dette et les coûts d'entretien.
Cette concession, critiquée par certains comme un recul face aux exigences américaines, est vue comme une capitulation par le député canadien Andrew Lawton dans un article du National Post.
Pour Policy Magazine, cet accord représenterait un tournant inquiétant pour les relations bilatérales, tandis que le Toronto Star argue qu'il illustre la vision déformée du pouvoir de Trump. Detroit Free Press met en garde : la nature imprévisible de Trump pourrait entraîner d'autres revers dans cette affaire.







