Ce jeudi, des salariés d'Ynsect, accompagnés de leur avocat, se sont réunis aux prud'hommes d'Amiens (Somme) pour réclamer des documents indispensables à la compréhension de la faillite de l'entreprise. L'absence du liquidateur judiciaire a exacerbé leur frustration.
"Aujourd'hui marque le début d'une démarche importante," déclare Hadrien Godard, licencié en octobre dernier dans le cadre du redressement judiciaire d'Ynsect, une entreprise spécialisée dans la production de protéines à partir d'insectes. Ce groupe d'anciens employés, comprenant une douzaine de collègues, exige des pièces comptables pour "éclaircir la situation concernant la faillite d'Ynsect," précise leur avocat, Me Fiodor Rilov.
Le conseil des prud'hommes a été le théâtre de questions légitimes sur l'utilisation de fonds publics. Selon Me Rilov, "Où est passé l'argent public ? La Banque Publique d'Investissement a investi malgré un chiffre d'affaires modeste. C'est troublant, surtout maintenant qu'on constate que peu de responsables semblent s'en préoccuper."
"Le seul qui sait vraiment combien d’argent public a été versé à Ynsect, c’est le liquidateur"
Le liquidateur a conspicuously absent lors de la séance. "C'est ahurissant, car sa mission est de faire émerger la vérité," insiste Me Rilov. "Il ne fournit rien, pas même un indicateur." Les rumeurs circulent sur l'ampleur des investissements, "Des chiffres évoquent jusqu'à 600 millions d'euros, et pourtant on n'a pas de nouvelles claires sur ces fonds," déclare-t-il avec insistance.
Prochaine audience le 19 février
Une nouvelle audience est prévue pour le 19 février, et les salariés présents souhaitent maintenir leur solidarité. Hadrien Godard souligne, "Cela fait des mois que nous demandons ces documents. Ynsect semble gagner du temps, mais nous restons déterminés."
"Être solidaire et ne pas laisser tomber"
Christophe Beaugrand, un autre ancien salarié, inscite sur l'absence de réponses."Nous avons le droit de connaître où va cet argent, surtout après avoir consacré tant d'années à l'entreprise. C'est frustrant de ne pas avoir d'adversaire face à nous, alors que des centaines d'avocats représentent Ynsect."
Pour Clément Carré, représentant du CSE, le manque de respect dans ce processus est palpable. "Nous, les salariés, sommes laissés pour compte. Il est essentiel de découvrir la vérité sur ces investissements, cela affecte 400 familles aujourd'hui."
Alors que la prochaine audience approche, l'espoir reste fragile chez les ex-salariés : "Nous voulons comprendre notre licenciement et les raisons derrière cette faillite. Le combat continue," conclut-il.







