Le 4 novembre 1995, l'assassinat d'Yitzhak Rabin, alors Premier ministre israélien, a provoqué un choc au sein de la communauté internationale. Deux ans après les accords d'Oslo, ce tragique événement a été examiné de près dans "Les derniers jours d’Yitzhak Rabin" par Michaël Darmon, un journaliste qui sera présent au festival de la biographie à Nîmes, au Carré d’Art, ce week-end.
Vous avez couvert les accords d’Oslo entre Israël et l’OLP en 1993. Pourquoi avoir choisi de parler d'Yitzhak Rabin 30 ans plus tard ?
Il y a plusieurs raisons. Tout d'abord, nous commémorons la triste date du 4 novembre 2025, marquant 30 ans depuis son assassinat. Ce tragique incident a stoppé un processus de paix qui semblait prometteur, capable de conduire à une solution à deux États, un tournant majeur dans une lutte qui durait des décennies. À l’époque, Rabin explorait également des négociations secrètes avec la Syrie.
Rabin était un héros militaire, mais il avait aussi une vision pragmatique. Que retenez-vous de sa volonté de changement ?
Rabin avait une spécificité significative : il est le premier Premier ministre né en Israël. Cependant, il n'a pas été impliqué dans la fondation de l'État israélien, ce qui a influencé sa légitimité politique. Il croyait en la nécessité d'établir des relations avec les nations, notamment les voisins arabes, et de sortir d'un état de siège permanent. En 1992, il a remporté les élections sur la promesse d'un processus de paix, ce qui montre une mutation notable dans la politique israélienne.
Vous évoquez également la rancœur de la famille Rabin envers Netanyahou. Pourquoi cela compte-t-il ?
La famille de Rabin n'a jamais digéré le fait que, bien que Netanyahou n'ait pas orchestré l'assassinat, il n'a pas contribué à apaiser le climat politique enflammé qui l’a permis. L'assassinat de Rabin a été comparé à celui de Kennedy, choquant le monde et laissant un vide d'espoir dans la région. Beaucoup continuent de penser que l'avenir d'Israël serait différent s'il avait survécu.
La poignante poignée de main entre Rabin et Arafat
Le moment symbolique de la poignée de main Rabin-Arafat, qu'en pensez-vous ?
Ce geste, longtemps refusé par Rabin, a été puissant. Malgré la difficulté de se tenir aux côtés de son ancien ennemi, c’était un acte politique significatif. Retrospectivement, cela prend encore plus de poids, sachant qu'il ne lui restait que deux ans à vivre après ce moment historique en 1993.
Que retenez-vous sur l'assassin Yigal Amir ?
Yigal Amir représente une facette inquiétante de la société israélienne de l'époque, celle d'une droite messianique et nationaliste qui l'a poussé à agir dans un contexte de profonde polarisation.
Pensez-vous qu'il y a encore de l'espoir pour un rapprochement ?
Il est impératif de chercher un espoir d'alternance, vu la colère croissante au sein de la société israélienne. De nouveaux aléas au niveau régional peuvent modifier la donne. Les pays commencent à envisager la coopération avec Israël plutôt que la guerre, un changement fondamental.







