Au troisième jour des audiences aux assises de La Roche-sur-Yon, le déroulement du procès d'Emmanuel Abayisenga, accusé du meurtre du père Olivier Maire, révèle des éléments troublants. Les constats médicaux, des témoignages touchants concernant la victime et des expertises psychiatriques contradictoires interrogent la perception des faits.
Ce mercredi 21 janvier, la salle d’audience est comble. Parmi le public, des étudiants en droit de l’ICES, profitent de cette séance exceptionnelle pour se plonger dans la réalité judiciaire. Les débats s’orientent vers le rôle de la médecine légale et de la psychiatrie au cœur de cette affaire.
À la barre, les constats du médecin légiste sont accablants : six blessures à la tête de la victime, quatre d'entre elles infligées avec une violence inouïe par un objet contondant. Cette analyse contredit directement la version d'Abayisenga, qui soutient avoir utilisé une chaise pour frapper le prêtre.
Malgré la gravité des accusations, Emmanuel Abayisenga demeure silencieux, son comportement renvoyant à une profonde introspection. Ce matin, il fait néanmoins acte de présence, contrairement à la journée précédente où il avait refusé de comparaître, invoquant une fatigue excessive.
« Simplicité, délicatesse, humanité »
Lors de l’audience, le frère Daniel, missionnaire montfortain et témoin clé, évoque son expérience avec le père Olivier Maire, le dépeignant comme un homme d'une grande bonté, sans jamais manifester d'agressivité envers Abayisenga. Un autre prêtre, Jean-Baptiste, abonde dans ce sens, attestant de l’absence de conflit et du caractère paisible du père Maire.
Abayisenga, bien qu'ayant partagé des moments avec ces prêtres, ne semble pas avoir laissé transparaître son vécu tumultueux, sur lequel il partage quelques confidences avec Jean-Baptiste concernant un événement tragique lié à la cathédrale de Nantes.
Des expertises psychiatriques contradictoires
La question de l'état mental d'Abayisenga reste cruciale. Deux experts psychiatriques présentent des analyses divergentes. Le premier décrit un homme traumatisé par sa jeunesse marquée par des atrocités, notamment le meurtre de son père pendant le génocide rwandais. En revanche, un second expert affirme que l'accusé a minimisé ses souffrances, se montrant préoccupé par des questions de sexualité, suggérant un état psychotique lors des faits.
Ces témoignages mettent en lumière un SDPT complexe, mais relèvent également d'opinions divergentes sur la santé mentale de l’accusé. Les jurés devront trancher entre une éventuelle altération du discernement et la réalité des faits. Les réquisitions du ministère public, suivies des plaidoiries, s’annoncent pour jeudi, avec un verdict attendu en fin de journée.







