Le Premier ministre devrait échapper aux motions de censure déposées par LFI et le RN, examinées à l’Assemblée vendredi. Dans un contexte de majorité manquante, il devra envisager ce qui vient après le budget, prévu pour être promulgué en février.
Alors que Sébastien Lecornu a réussi à naviguer à travers les débats interminables du budget, des questions émergent sur son avenir politique. En effet, sa position à Matignon est pour l’instant sécurisée, mais l’absence de majorité rend ses ambitions de réformes d’envergure presque illusoires à quinze mois de la prochaine présidentielle. Ainsi, une source gouvernementale souligne que le premier ministre doit impérativement penser à l’échéance électorale à venir.
Début février, alors que le budget devrait être définitivement adopté, une fois de plus sans réel consensus, la pression s’accentuera sur Lecornu. D’après des analystes, le premier ministre doit se préparer à faire face à un vide politique, alors qu'il a déjà promis de ne pas recourir à l'article 49.3 pour passer ce budget. Une situation qui serait jugée « non crédible » par un député de la majorité, ajoutant au malaise général.
« L’homme des compromis » sous la loupe
Une ancienne ministre de son entourage a affirmé que le Premier ministre se montre habile dans l’art de la négociation. « C’est un conciliateur, mais il doit désormais agir pour gagner la confiance du public », a déclaré cette source. Mais pour le politologue Bruno Cautrès, cette dualité pose des questions sur sa véritable direction politique. « On ne saisit pas toujours où Lecornu veut se placer sur l’échiquier », analyse-t-il. Ce flou pourrait le desservir, notamment face à des électeurs de plus en plus exigeants.
Entre les promesses non tenues et les concessions faites aux partis d’opposition, certains membres de la majorité lui reprochent de naviguer dans une zone grise. Une député de Renaissance insiste : « Il sera difficile de remettre la poussière sous le tapis pendant la campagne présidentielle. » Cette déclaration souligne l’urgence pour Lecornu d’imposer une vision claire et ambitieuse, tout en tenant compte des attentes diversifiées au sein de l’électorat.
Vers un gouvernement régalien ?
Malgré ces difficultés, un proche de l’Élysée tempère les critiques, soulignant les victoires obtenues grâce à sa stratégie, tout en notant l’importance de marquer son empreinte sur des questions régaliennes telles que la sécurité et la justice. Un plan pour redéfinir le rôle de l’État est en cours, avec un accent particulier sur des domaines de préoccupation du public. Le projet de loi sur la décentralisation et les questions agricoles devraient aussi s’inscrire dans cette dynamique.
Avec des élections municipales en mars, la fenêtre pour agir se rétrécit. La participation de Lecornu, qui est sur la liste du maire sortant de Vernon, indique qu'il cherche à se rapprocher des électeurs locaux. Cela pourrait lui permettre d'initier une connexion essentielle avant une échéance électorale cruciale pour son avenir politique.







