Depuis la tempête Goretti survenue le 8 janvier, les embruns salés ont conduit à l'arrêt des réacteurs N°1 et N°3 de la centrale nucléaire de Flamanville, en Normandie. Aucune production d'électricité n’est attendue avant février, laissant un vide dans le paysage énergétique français.
« Ce n'est pas vraiment la meilleure façon de commencer l'année 2026… » confie Julien, un employé de la centrale, à la sortie du site. Les effets de la tempête ont engendré des complications que la direction d'EDF aurait souhaité éviter. En effet, deux des trois réacteurs de Flamanville sont actuellement hors service, suite à des rafales dépassant les 210 km/h qui ont eu lieu lors de la tempête, comme l'indiquent les experts de Météo France.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'arrêt des réacteurs n'est pas dû à des dégâts directs causés par le vent, mais à l'infiltration de sel marin sur des composants critiques. « Le réacteur N°1 a été déconnecté dès le début de la tempête. Notre diagnostic a révélé une forte présence de sel sur les liaisons entre les transformateurs et la ligne à très haute tension, obligeant la direction à mettre ce réacteur hors service pour préserver l'équipement », a confirmé un porte-parole d'EDF.
Les répercussions de la tempête ne s'arrêtent pas là. Le 9 janvier, des anomalies électriques, probablement également causées par le sel, ont provoqué l'arrêt complet du réacteur N°3, connu pour être l'EPR de Flamanville, qui a été mis en service il y a seulement quelques mois. « Des travaux de maintenance et de contrôle, notamment sur l'alternateur, sont en cours avant tout redémarrage », a précisé la direction, évoquant un retour à la normale d'ici le 1er février au plus tôt.
Pas d'électricité avant le 1er février
La situation est d'autant plus préoccupante que le réacteur N°2 était déjà en maintenance avant la tempête, avec un retour prévu pour le 1er juillet au plus tôt. Ainsi, aucun des trois réacteurs ne fonctionne actuellement, ce qui signifie que Flamanville ne produira pas d'électricité jusqu'au 1er février au plus tôt.
« Il faudra même quelques jours supplémentaires pour que les réacteurs atteignent leur pleine capacité », souligne la direction d'EDF, qui tente de rassurer en affirmant que ces incidents n’affectent pas les finances de l'entreprise. « Lorsqu'un réacteur français est à l'arrêt, d'autres peuvent être sollicités ailleurs si nécessaire. L'essentiel est la production quotidienne de France dans son ensemble, pas uniquement des réacteurs individuels. D'ailleurs, bien que la centrale de Flamanville soit à l’arrêt, nous avons réussi à produire suffisamment d'électricité pour la consommation nationale, et nous avons même exporté », ajoute le porte-parole.







