Des enquêtes distinctes ont été lancées à Angers et Bordeaux suite aux décès tragiques de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour risque de contamination bactérienne. Les autorités ont précisé qu'aucun lien de causalité n'a encore été établi.
L'un des décès, survenu le 8 janvier à l'hôpital Haut Lévêque de Pessac, concerne un des bébés qui avait été nourri avec un lait Guigoz emporté dans le rappel pour la possibilité d'une contamination par Bacillus cereus. Selon Renaud Gaudeul, procureur à Bordeaux, ce nourrisson avait été alimenté avec ce produit entre le 5 et le 7 janvier.
À Angers, une mère a récemment contacté les enquêteurs au sujet de la mort de sa fille, âgée de 27 jours, survenue le 23 décembre. Elle a signalé que des boîtes de lait Guigoz avaient été administrées à son bébé. Eric Brouillard, procureur d'Angers, a qualifié cette information de "piste sérieuse", bien qu'il soit trop tôt pour en faire la principale.
Le 5 janvier, le géant suisse Nestlé avait ordonné un rappel de plusieurs produits, dont les marques Guigoz et Nidal, en raison d'une possible présence de céreulide, une toxine pouvant provoquer de graves vomissements après consommation.
Le nourrisson de Bordeaux avait été admis en urgence à l'hôpital le 7 janvier après que sa mère ait remarqué des troubles digestifs. Les premiers résultats des analyses n'ont pas révélé de contamination par Bacillus cereus, mais d'autres tests sont en cours pour détecter la toxine céreulide.
Les ministères de l'Agriculture et de la Santé ont déclaré qu'il s'agit d'une alerte sanitaire "d'ampleur", nécessitant une surveillance continue. À ce jour, ils affirment qu'aucun lien de causalité n'a été vu entre la consommation de ces laits et les symptômes observés chez les nourrissons.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a précisé que les enquêteurs se penchaient sur l'origine de la contamination, affirmant que les entreprises sont responsables de la sécurité de leurs produits. Le rappel de Nestlé touche une soixantaine de pays, et des ONG critiquent le groupe pour avoir tardé à agir.
Mercredi, Lactalis a annoncé un rappel similaire, également lié à un fournisseur chinois suspecté de fournir de l'huile potentiellement contaminée, ce qui nécessite des analyses de risque pour tous les fabricants concernés.
L'ONG Foodwatch a décidé d'agir en portant plainte contre X pour que lumière soit faite sur ces rappels, s'inquiétant pour la sécurité de millions de nourrissons à l’échelle mondiale.







