"Retourne dans ton pays avant de recevoir une balle dans la tête", "député babouin"... Le député LFI Carlos Martens Bilongo, confronté à une montée alarmante de la haine raciste, a porté plainte à Paris après avoir reçu une série de lettres anonymes remplis de menaces de mort.
Ses avocats, Mes Vincent Brengarth et Chirinne Ardakani, ont précisé que la plainte vise des faits de "menaces de mort" à caractère raciste ainsi que d'"injures non publiques". Ils soulignent que ce type de harcèlement systémique vise désormais de nombreuses personnalités publiques, alimenté par des influenceurs et certains médias.
Le député du Val-d'Oise a reçu neuf lettres anonymes, dont l'une signée "Maréchal Pétain" et l'autre "GUD", un syndicat étudiant d'extrême droite dissous. Ces courriers, d'une brutalité sans précédent, menacent explicitement sa vie et portent des injures racistes. On y lit des phrases comme : "Je vais m’occuper de toi et ta famille" et "tu vas l'avoir dans le cul espèce de sale nègre pourri".
Depuis son élection, Carlos Bilongo est la cible de propos injurieux en rapport avec ses origines congolaises et angolaises. Ses avocats parlent d'un "harcèlement généralisé" qui va bien au-delà d'incidents isolés. En 2022, il avait déjà dénoncé des attaques racistes après des propos insultants d'un autre député.
En janvier dernier, Bilongo a déposé plainte contre Cnews, accusée d'avoir manipulé ses déclarations. Cette controversée a, selon ses avocats, entraîné une nouvelle vague de haine à son égard, culminant avec la réception des lettres anonymes.
"Il est important que la classe politique, quel que soit le bord, condamne ces discours racistes et négrophobes", a affirmé M. Bilongo, qui envisage de publier ces lettres sur ses réseaux sociaux afin d’éveiller les consciences. "Je ne resterai pas silencieux", a-t-il ajouté, dénonçant aussi la complicité de médias tel que CNews et le JDD dans ces attaques.
D'autres membres de la classe politique, dont la ministre Naïma Moutchou et la vice-présidente de l'Assemblée Nadège Abomangoli, ont également été victimes d'injures ou de harcèlement racistes, renforçant l'urgence d'agir face à cette problématique sociétale.







