Le 22 janvier, l'Assemblée nationale a voté une résolution visant à demander à la Commission européenne d'envisager l'inscription des Frères musulmans sur sa liste d'organisations terroristes. Cette décision a suscité des débats animés au sein de l'hémicycle, reflétant les tensions politiques autour de ce mouvement fondé en 1928 en Égypte.
Le texte, soutenu par le gouvernement et le Rassemblement national (RN), a été adopté par 157 voix contre 101 et appelle à une évaluation des activités de cette mouvance au niveau européen. Eric Pauget, rapporteur du projet et membre des Républicains (LR), a mis en évidence le besoin de classification pour faciliter l’échange d’informations entre États et pour geler d'éventuels financements perçus comme suspects.
Laurent Wauquiez, chef du groupe LR, a qualifié ce vote d’élément essentiel pour sortir d'un déni et a exhorté le gouvernement à relayer cette initiative sur la scène européenne, ajoutant que “les enjeux de sécurité justifient cette démarche.”
Des débats enflammés au sein de l'Assemblée
La séance a été marquée par des incidents notables, notamment les déclarations provocatrices du député RN Laurent Jacobelli, qui a critiqué l'opposition des Insoumis en affirmant : “Les Frères musulmans veulent lapider les homosexuels. Si vous voulez cela, votez LFI.” Ces propos ont soulevé de vives réactions, entraînant des demandes de sanctions de la part des députés de gauche.
Pierre-Yves Cadalen, député insoumis et lui-même homosexuel, a fermement réagi : “Je ne peux tolérer que vous insinuiez que mon engagement va à l’encontre de l’égalité humaine.” La tension au sein de l'Assemblée souligne la polarisation sur les thèmes de l'identité et de la sécurité au sein du débat public français.
La décision finale sur cette résolution sera examinée lors d'une réunion du bureau de l'Assemblée prévue le 18 février, un moment clé qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la politique européenne en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme.







