Des rappels massifs de laits infantiles ont été annoncés par Nestlé, Lactalis et Danone, après la découverte de céréulide, une toxine nocive produite par le bacille cereus. Cette situation n'est pas nouvelle pour ces grandes entreprises, souvent impliquées dans des scandales similaires, souligne l’association Foodwatch.
« Ce n’est pas parce qu’on est une multinationale qu’on échappe aux lois », rappelle Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch. Face à une nouvelle série de rappels, elle évoque des précédents troubles tels que le rappel de laits contaminés par la salmonelle chez Lactalis, ou encore les pizzas Buitoni de Nestlé touchées par E. coli. Chaque incident file un fil rouge inquiétant.
D’après Foodwatch, ces entreprises sont qualifiées de « récidivistes », témoignant d’un non-respect des normes essentielles et d’un laxisme à la fois de la part des entreprises et des autorités sanitaires. Selon des rapports récents, des laits infantiles contaminés auraient causé la mort de deux bébés en France. Face à cette tragédie, l’ONG n’hésite pas à porter plainte contre X.
Des récidivistes
« Le problème, c’est qu’on a affaire à des récidivistes », note Jacquemart. C’est la deuxième plainte déposée contre Lactalis et la troisième contre Nestlé, dans des cas qui semblent inévitables. La manière dont ces alertes sont gérées est préoccupante : « Depuis décembre, Nestlé était au courant... Il a fallu attendre le 5 janvier pour que l'alerte soit officialisée dans 60 pays, avec des rappels généralisés, » souligne-t-elle.
Les autorités néerlandaises ont été avisées dès le 9 décembre, mais l'alerte ne fut pas lancée et Nestlé est restée silencieuse. Ce n'est qu'à partir du 5 janvier que l'incident a été rendu public en France, après que d'autres pays européens aient déjà procédé à des rappels.
Prendre ses responsabilités
« Les entreprises doivent garantir la sécurité des produits qu'elles proposent », insiste Jacquemart. En plus des multinationales, elle réclame des contrôles rigoureux de la part des autorités publiques. Il s’agit d’une obligation légale et éthique. Impossible de ne pas se poser des questions sur l’absence de communication rapide face aux soupçons de contamination. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour protéger les consommateurs ?
Les services de l’État demeurent vigilants : « Les autorités restent mobilisées et surveillent la situation de près, » a déclaré le ministère de l’Agriculture. Les multinationales, de leur côté, tentent de rassurer le public. Nestlé affirme : « Nous collaborons étroitement avec les autorités pour procéder à ce rappel volontaire, » tandis que Danone insiste sur la sécurité de ses produits et annonce des « analyses ciblées, » malgré le contexte préoccupant.
Malgré ces déclarations, la vigilance reste de mise. Une question demeure : qui doit véritablement assumer les conséquences de ces négligences ?







