À l'heure actuelle, environ 10 % des montres suisses sont dirigées vers le Moyen-Orient. Toutefois, l'insécurité croissante et la chute du tourisme dans la région pourraient sérieusement compromettre les ventes de ce secteur déjà vulnérable. Ce constat alerte l'industrie horlogère, qui fait face à des tempêtes économiques, notamment en raison de la crise en Chine, comme l'indique Le Temps.

“Nous devrons attendre mi-avril pour disposer des statistiques douanières du mois de mars afin d'évaluer les répercussions sur le marché,” affirme Le Temps. En effet, tous les acteurs de l'horlogerie suivent de près l'évolution de ce conflit préoccupant. Le Moyen-Orient, notamment Dubaï, représente un marché crucial pour les horlogers suisses.

“Les exportations vers les Émirats ont connu une évolution spectaculaire, passant de 180 millions de francs en 2000 à 1,3 milliard de francs en 2025,” selon des prévisions encourageantes. Le salon Dubaï Watch Week est devenu un rendez-vous incontournable pour les passionnés d’horlogerie suisse.

Une région déstabilisée

Ce conflit pourrait modifier la donne : le nombre de touristes risque de diminuer cette année, et de nombreux expatriés pourraient envisager de quitter les pays du Golfe. Cette situation arrive à un moment où l'industrie horlogère suisse tâtonne déjà après des inquiétudes liées à la crise économique en Chine. Comme le rapporte la Neue Zürcher Zeitung, certains groupes, tels que Swatch, ont récemment affiché des performances prometteuses.

Les horlogers interrogés par Le Temps soulignent que “la déstabilisation actuelle du Moyen-Orient pourrait constituer un véritable test de résistance pour l'ensemble de l'industrie.”

Incertitude et flexibilité

Manuel Emch, directeur des marques Louis Erard et Kollokium, note que “l'ancienne image de sécurité de la région est maintenant remise en question.” Toutefois, il reste optimiste quant à la consommation dans les pays du Golfe, ajoutant que “moins de voyages pourraient signifier plus de pouvoir d'achat, ce rappelant les bonnes performances des horlogers durant le Covid.”

La durée de ce conflit aura un impact significatif sur le niveau de vie des clients et, par conséquent, sur les ventes de montres suisses. Plus les hostilités s'étendront, moins les entreprises helvétiques seront à l'abri.

“Chacun observe et attend,” déclare Yves Bugmann, président de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, sur le site de Le Temps. “Cette situation exige de nous beaucoup de flexibilité.” Lorsque la Neue Zürcher Zeitung s’interrogeait en janvier sur la possibilité de voir, “le pire derrière nous,” personne n'avait anticipé un tel retournement de situation.