Le diocèse de Bayeux et Lisieux fait face à une situation troublante après la décision de sanctionner définitivement Bruno Thévenin, un prêtre désormais banni de toute activité cléricale. Cette décision, rendue publique mardi, fait suite à une validation par le Collège pour l’examen des recours, la plus haute autorité de la curie romaine, le 23 octobre 2025, selon les déclarations de l’évêque Jacques Habert.
Cette interdiction perpétuelle d’exercer son ministère, impliquant également l’impossibilité de célébrer tout sacrement, intervient après des accusations graves, notamment de profanation de la Sainte Eucharistie et d'incitation à des comportements inappropriés lors de confessions. Le prêtre n’a pas le droit de se présenter comme membre du clergé ou de porter des vêtements ecclésiastiques, marquant un tournant décisif dans son parcours.
Une procédure entamée dès 2024
Jacques Habert a exprimé sa compassion envers les victimes dans un communiqué : « Mes pensées vont aux personnes touchées par les abus de Bruno Thévenin, ainsi qu'à ceux qui les ont dénoncés. » Bien que l'évêque n'ait pas entré dans les détails concernant la nature des abus, le prêtre était reconnu pour son rôle en tant que fondateur de l'association Mission thérésienne.
Cette mesure fait suite à un processus judiciaire lourd au sein de l’Église. En octobre 2024, la cour d’Officialité de Paris avait déjà annoncé son excommunication, accompagnée de son renvoi de l’état clérical, une décision que l'abbé avait contestée. En janvier 2025, le Dicastère pour la doctrine de la foi avait confirmé ces sanctions en première instance, avant leur validation finale le mois suivant.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte où l’Église catholique en France fait face à une pression croissante pour répondre aux accusations d'abus sexuels au sein de ses rangs. Le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE), publié en 2021, a révélé des milliers de cas, incitant finalement de nombreuses institutions à renforcer leurs mécanismes de prévention et de sanction.
Des experts en théologie et en éthique pastorale, comme le père François Dabo, soulignent l'importance de ces sanctions pour restaurer la confiance dans les institutions religieuses. « La lutte contre les abus doit devenir une priorité absolue si l’Église souhaite maintenir sa légitimité dans la société actuelle », affirme-t-il.







