Ce dimanche, les électeurs slovènes sont appelés à faire un choix crucial lors des élections législatives. Ils devront se prononcer entre le Premier ministre libéral sortant, Robert Golob, et Janez Janša, un leader de la droite nationaliste et populiste. Un contexte tendu, marqué par des accusations d'ingérence et un paysage politique fragmenté, caractérise cette campagne électorale.
À gauche, Robert Golob, 59 ans, occupe le poste de Premier ministre depuis juin 2022. À la tête du Mouvement pour la liberté (GS), un parti social-libéral créé en 2021, Golob se définit par son engagement envers l'écologie et sa forte europhilie, s'alignant avec le groupe Renew d'Emmanuel Macron au Parlement européen. Ancien dirigeant d'une entreprise énergétique, il est entré en politique uniquement en 2011, promettant de "redonner sa liberté au pays" face à un Janez Janša, souvent critiqué pour son autoritarisme.
En face, le vétéran Janez Janša, 67 ans, a dirigé le Parti démocrate slovène (SDS), un mouvement populiste de droite, proche de figures comme Viktor Orbán et Donald Trump. Janša est une figure centrale du paysage politique slovène et son parcours, marqué par des scandales de corruption et une dérive illibérale, est à la fois complexe et nuancé.
Un parcours mouvementé et des accusations de corruption
Le SDS, fondé en 1989, a connu une évolution significative sous l'influence de Janša. Son mandat précédent a été terni par des allégations de corruption et des mesures autoritaires pendant la pandémie de Covid-19. Cela a mené à des manifestations massives contre ce qu'on a qualifié de dérive illibérale. Sa chute politique en 2022, liée à des révélations sur des achats controversés d'équipements médicaux, a ouvert la voie à une opposition fermement marquée par des différends partisans.
Les derniers sondages indiquent une compétition serrée entre Golob et Janša, tandis que d'autres partis comme le Parti social-démocrate (SD) et le nouveau parti d'Anže Logar, Démocrates, perturbent la dynamique électorale. Logar a quitté le SDS en 2024, critiquant son virage nationaliste.
Allégations d'ingérence et tensions diplomatiques
À l'approche des élections, des allégations troublantes ont fait surface concernant des vidéos accusant des membres du gouvernement Golob de corruption. Selon l'hebdomadaire Mladina, ces enregistrements seraient le fruit d'une campagne orchestrée par la société de renseignement israélienne Black Cube, suspendue à des intérêts partisans. Le gouvernement présente cela comme une "attaque contre la démocratie", tandis que le SDS réfute ces accusations, les qualifiant d'actions de la "gauche élitiste".
En toile de fond, la diplomatie slovène a pris un tournant audacieux sous Golob, qui a adopté ouvertement la défense de la Palestine. Son administration a été parmi les premières en Europe à qualifier les actions israéliennes à Gaza de "génocide". En revanche, Janša s'oppose vigoureusement à cette position, promettant de renverser les politiques de son prédécesseur concernant la Palestine. Ces questions internationales ajoutent une couche supplémentaire de complexité à des élections déjà très polarisées.







