La poursuite des hostilités en Iran suscite d'importantes inquiétudes sur la sécurité énergétique mondiale. Tandis que le détroit d'Ormuz demeure une zone de tension, la France et l'Europe envisagent plusieurs scénarios de crise.
Patrick Pouyanné, le dirigeant de TotalEnergies, a évoqué lors du China Development Forum, le 22 mars 2026, que la France serait en mesure de gérer une crise énergétique durant trois à quatre mois. Cependant, si le détroit d'Ormuz restait bloqué durant six mois, les conséquences seraient sévères pour l'économie nationale et au-delà.
Le marché pétrolier a monté en flèche, le baril passant de 65 à plus de 100 dollars depuis le début des hostilités, bien que cette hausse reste supportable grâce à des mesures de libération des réserves internationales, selon des experts de l'industrie.
En ce qui concerne le gaz, son coût a doublé alors que la saison estivale commence, entraînant une réduction de la consommation, bien que l'industrie continue à faire grimper la demande. L'UE envisage de repousser le remplissage des réserves pour gérer la situation, selon la Commission européenne.
Les conséquences d'un blocage prolongé du détroit d'Ormuz
Un scénario pessimiste envisage un blocage long du détroit, ce qui ferait exploser les prix de l'énergie. Cette pénurie d'approvisionnement pourrait entraîner une inflation galopante, ralentissant la croissance économique et poussant le chômage à la hausse.
Les transporteurs aérien, notamment Air France, réfléchissent actuellement à des stratégies d'urgence, envisageant même de réduire leurs services en Asie si l'approvisionnement en kérosène devenait problématique. L'Asie, plus dépendante du détroit d'Ormuz, serait davantage touchée que l'Europe.
Dans l'éventualité d'une cessation des combats, le retour à une situation normale pourrait prendre des années. Les frappes ont déjà réduit les capacités d'exportation du Qatar de 15 à 17 %, et le tarif d'assurance maritime devrait rester élevé. Les analystes évoquent aussi la possibilité que l'Iran institue un péage pour le passage à travers le détroit, transformant un sentier traditionnellement libre en une route à fort coût, augmentant ainsi le risque de piraterie maritime.







