"Honte à vous!": des familles endeuillées ont exprimé leur profonde indignation lors de l'ouverture tumultueuse du procès de 36 accusés concernant la collision ferroviaire de Tempé en 2023, une situation qui a conduit à un ajournement immédiat.
Peu après son commencement chaotique, la présidente du tribunal de Larissa a décidé de reporter l'audience au 1er avril, dénonçant des conditions d'organisation si précaires qu'elles frôlaient le malaise.
Le procès, impliquant des responsables des chemins de fer grecs, a été déplacé à l'Université de Larissa pour accueillir un plus grand nombre de personnes, mais pourtant, de nombreux proches des victimes ont dû se tenir debout dans la salle d'audience, incapable de trouver une place assise.
Les familles des 57 personnes décédées lors de ce tragique accident le 28 février 2023 ont souligné la nature "insultante" de ces conditions, comme l'a indiqué l'une de leurs avocates, Zoé Konstantopoulou, présidente d'un parti de gauche. "Vous avez assassiné nos enfants et vous nous traitez ainsi! (...) Honte à vous!", a laissé échapper Maria Karystianou, dont la fille a été victime de la collision.
L'audience a révélé l'absence de la plupart des accusés, qui comparaissent libres, suscitant une franche désapprobation dans la salle d'audience.
La Cour, composée de trois juges, se penchera sur la responsabilité des prévenus dans la collision frontale survenue entre un train de marchandises et un TGV transportant environ 350 voyageurs d'Athènes à Thessalonique.
Les deux convois ont circulé simultanément sur la même voie durant plus de dix minutes sans déclencher de système d'alarme, un fait qui a choqué le pays et soulevé une vague de révolte envers les autorités responsables.
La tragédie ferroviaire, la plus mortelle de l'histoire récente de la Grèce, reste ancrée dans les esprits. Elle a généré un mouvement de colère sans précédent, comme l'a souligné le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, qualifiant l'accident de "traumatisme national".
La recherche de justice continue trois ans après cette tragédie, où de nombreuses familles accusent une enquête bâclée. Pavlos Aslanidis, président de l'Association des familles de victimes, a déclaré : "Nous demandons une punition exemplaire des responsables", ajoutant que c'était "triste" de constater qu'aucun accusé n'avait été incarcéré jusqu'à présent.
L'enquête a mis en lumière des lacunes alarmantes dans la sécurité du réseau ferroviaire grec, héritage d'une gestion défaillante et de systèmes de signalisation obsolètes, alors même que des fonds européens avaient été accordés pour leur modernisation.
Parallèlement, une grève des cheminots a été déclenchée, considérée comme un "acte de mémoire collective" face à un drame qui continue de hanter le pays.
Trente-trois des accusés répondent à des charges criminelles, risquant des peines de réclusion à perpétuité. Des témoins, y compris des survivants et des familles de victimes, se succéderont à la barre, promettant de livrer un témoignage poignant sur les événements tragiques de cette nuit-là.
Des actes de malveillance ayant entravé la sécurité des chemins de fer sont également à l'étude, avec des accusés comprenant des chefs de gare responsables au moment du désastre. Il est à noter qu'aucun responsable politique n'est convoqué, une omission qui exacerbe les frustrations des familles des victimes.
Alors que la justice s'engage à faire la lumière sur ce drame, les proches des disparus attendent une réponse appropriée et une véritable justice.







