Après le deuxième tour des élections municipales de dimanche dernier, les forces politiques se tournent résolument vers la prochaine échéance électorale : la présidentielle, qui aura lieu dans tout juste un an.
Dès la fin des élections municipales, les partis ont commencé à préparer le terrain pour la présidentielle, avec des dynamiques qui s’accélèrent. Certains ont déjà désigné un candidat, tandis que d'autres sont encore à la recherche du bon profil. De plus, plusieurs formations envisagent des alliances, bien que leur capacité à s'entendre soulève des questions. À un an de l'élection, un état des lieux s'impose.
Une gauche plus divisée que jamais
La fracture entre La France Insoumise (LFI) et le Parti Socialiste (PS) s'est profondément aggravée durant ces élections municipales. Leurs tentatives d'alliance ont été largement infructueuses. Jean-Luc Mélenchon, leader incontesté de LFI, n'a pas encore officialisé sa candidature, mais son intention est claire.
De leur côté, les autres formations de gauche se perdent dans une incertitude palpable. Une primaire pour désigner un candidat de gauche est prévue le 11 octobre, mais cette idée peine à convaincre, notamment au sein des socialistes. Raphaël Glucksmann, figure de proue de Place publique et actuellement le mieux placé dans les sondages, refuse d'y prendre part.
Olivier Faure, le président du PS, qui prône l'unité face à l'extrême droite, envisage sa propre candidature mais n'a pas encore déclaré ses intentions.
Le centre à la croisée des chemins
Le camp présidentiel semble se diriger vers une nouvelle ère post-Emmanuel Macron, sans leader naturel en vue. Deux anciens premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal, apparaissent comme candidats potentiels. Philippe, fort de sa réélection à la mairie du Havre, se place comme le principal espoir du bloc central. Attal, quant à lui, travaille son image mais reste discret sur ses ambitions. D'autres figures comme Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu semblent avoir perdu leur chance de porter la candidature présidentielle.
Les Républicains avancent vers une primaire
Au sein des Républicains (LR), des voix influentes appellent à élargir le processus de désignation de leur candidat, y compris vers le parti d'extrême droite Reconquête. Le parti prévoit de discuter mardi des modalités de cette primaire. Bruno Retailleau a récemment annoncé sa candidature, mais sans susciter l'enthousiasme escompté. La compétition interne est vive, opposant des noms comme Laurent Wauquiez, David Lisnard et Michel Barnier. Xavier Bertrand, dont l'ambition présidentielle a été douchée lors de la primaire de 2021, aspire aussi à représenter la droite.
L'extrême droite suspendue aux décisions judiciaires
Le Rassemblement National (RN) attend avec impatience le verdict prévu pour le 7 juillet concernant Marine Le Pen, qui pourrait lui interdire d'entrer en campagne si sa condamnation pour des délits d'employeur est confirmée. Dans ce contexte incertain, le RN anticipe la possible candidature de Jordan Bardella, qui commence à tracer son propre chemin.
Les enjeux en matière de soutien et d'opinions publiques sont cruciaux alors que le RN apparaît en tête dans les intentions de vote selon les derniers sondages.
Avec AFP







