"Non à la haine" : samedi dernier, le centre de Londres a vibré au rythme d'une marche massive, rassemblant des dizaines de milliers de personnes contre l'extrême droite, selon une estimation de la police britannique.
L'événement, qui a attiré près de 50 000 participants, s'inscrit dans un contexte inquiétant marqué par la montée en puissance du parti d'extrême droite Reform, mené par Nigel Farage. Ce rassemblement fait suite à une autre manifestation, en septembre dernier, orchestrée par le controversé Tommy Robinson, qui avait réuni plus de 150 000 personnes.
Organisée par la Together Alliance, qui regroupe des organisations comme Amnesty International et le syndicat Unite, cette manifestation a été décrite comme "la plus grande mobilisation contre l'extrême droite de l'histoire du Royaume-Uni", selon les organisateurs.
Les participants se sont rassemblés près d'Hyde Park avant de se diriger vers Whitehall, où se trouvent les bureaux gouvernementaux. Les pancartes brandies par les manifestants affichaient des slogans tels que "Non au racisme" ou "Vous ne pouvez pas nous diviser".
Parmi les figures présentes, on notait le chef des Verts, Zack Polanski, et l'ancien leader du Parti travailliste, Jeremy Corbyn. Emily Roth, étudiante de 23 ans à Édimbourg, a exprimé son inquiétude face au "climat toxique mondial". Son amie Tatiana, sans vouloir dévoiler son nom complet, a déclaré : "C'est une période très dangereuse où des politiciens d'extrême droite cherchent à nous diviser".
Robert Gadwick, 48 ans et sans emploi, a fait le trajet depuis Bath, soulignant sa préoccupation face à l'ascension politique de Farage : "Nous avons déjà connu cela avec le Brexit, ces mêmes mensonges refont surface au moment où certains choisissent d'y croire".
Dans les sondages, la formation de Farage semble prendre de l'importance, suscitant d'innombrables inquiétudes au sein de la population. Rose Batterfield, retraitée de Stratford-upon-Avon, a exprimé son désarroi face à la politique migratoire actuelle, se disant "stupéfaite" par l'évolution du Parti travailliste. "Utiliser des stratégies d'extrême droite pour contrer l'extrême droite est une absurdité", a-t-elle affirmé.
Keir Starmer, le Premier ministre arrivé au pouvoir en juillet 2024, a fait de la lutte contre l'immigration l'une de ses priorités, avec des réformes devant bientôt entrer en vigueur. Des élections locales sont également prévues le 7 mai prochain, amplifiant ainsi l'intérêt public envers ces problématiques.







