Deux Australiennes ont été formellement inculpées pour avoir retenu une esclave en Syrie, tout en soutenant des membres de leur famille liés au groupe Etat islamique (EI). Cette révélation a été faite par la police australienne, suite à leur arrestation à Melbourne.
Selon les autorités, ces femmes, qui s'étaient rendues en Syrie en 2014 pour rejoindre le groupe jihadiste, ont sciemment retenu une esclave à leur domicile. Elles sont revenues en Australie jeudi soir, après avoir passé près d’une décennie bloquées dans un camp de détention syrien, suite à la chute du califat autoproclamé de l'EI.
À leur arrivée à l'aéroport international de Melbourne, les deux suspectes, une mère de 53 ans et sa fille de 31 ans, ont été immédiatement arrêtées. La police fédérale les accuse de crimes contre l'humanité. La mère est suspectée d'avoir facilité l'achat d'une esclave pour 10.000 dollars américains, tandis que sa fille aurait retenu cette esclave à leur domicile.
Une troisième femme, âgée de 32 ans, a été interpellée à l'aéroport de Sydney, inculpée pour avoir rejoint une organisation terroriste et pénétré une zone restreinte. En Australie, il est désormais illégal de se rendre dans des régions comme Raqqa, un bastion de l'EI, entre 2014 et 2017.
En tout, quatre femmes et neuf enfants ont effectué leur retour en Australie jeudi, mais une quatrième femme du groupe n'a pas été arrêtée. Ce dossier, connu sous le nom d'«épouses de l'EI», suscite de vives polémiques dans le pays.
Le président de la Commission australienne des droits humains, Hugh de Kretser, a récemment plaidé pour faciliter le retour de 34 femmes et enfants australiens détenus depuis sept ans dans le camp de Roj. Toutefois, de nombreux Australiens fustigent les choix de ces femmes et considèrent qu'elles doivent assumer les conséquences de leurs actes.
«Ces personnes ont fait le choix délibéré de s'engager avec une organisation terroriste, entraînant leurs enfants dans une situation catastrophique», a commenté le Premier ministre Anthony Albanese. Des ressortissants australiens avaient déjà quitté ce camp en 2019, 2022, et 2025.
Des centaines de femmes occidentales se sont laissées séduire par le Moyen-Orient lors de l'essor de l'EI au début des années 2010, souvent en suivant leurs époux combattants. L’Australie, le Canada, le Royaume-Uni, la France et d’autres nations continuent de se questionner sur le sort de leurs citoyens restés piégés après la chute du groupe jihadiste.







