Ce vendredi, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré ne pas envisager de démissionner, même face à des résultats électoraux révélant une série de défaites pour le Parti travailliste et une montée en puissance de Reform UK, le parti anti-immigration cofondé par Nigel Farage.
Arrivé au pouvoir avec une solide majorité en juillet 2024, Starmer a exprimé sa volonté d’« assumer la responsabilité » des résultats jugés « très difficiles ». Dans une déclaration, il a affirmé : « Je ne vais pas quitter le navire et plonger le pays dans le chaos. Des journées comme aujourd’hui ne diminuent pas ma détermination à mener à bien les changements que j’ai promis. »
À 09H00 GMT, seul un tiers des résultats des 136 collectivités locales anglaises étaient connus. D’après un compte rendu de la BBC, Reform UK a remporté plus de 382 sièges, tandis que le Labour a perdu 258 sièges pour n’en obtenir que 253. Le dépouillement continue en Écosse et au Pays de Galles, où des résultats encore plus préoccupants pour le Labour sont attendus, notamment la possible perte de leur bastion gallois au profit de Plaid Cymru et de Reform, qui sont en compétition serrée.
Si ces tendances se confirment, le Labour pourrait également se retrouver en troisième position en Écosse, derrière le parti indépendantiste SNP et Reform, une situation sans précédent pour le Parti travailliste dans ces régions. À 63 ans, la popularité de Starmer s’est dégradée avec une économie stagnante et une inflation galopante exacerbée par le contexte géopolitique au Moyen-Orient.
Ses détracteurs avancent plusieurs controverses et revers au sein de son parti, notamment la nomination contestée de Peter Mandelson en tant qu'ambassadeur à Washington, alimentant ainsi des appels à la démission, bien qu’aucun challenger ne soit encore clairement désigné.
Sur le terrain, la remontée de Reform UK corroborerait les prévisions des sondages, avec des victoires dans des zones traditionnellement travaillistes, notamment dans le nord de l'Angleterre et les Midlands. Nigel Farage, dans une déclaration à Londres, a déclaré : « Nous assistons à un changement historique de la politique britannique. Nous sommes le parti le plus national et nous sommes là pour durer. »
Les conservateurs, menés par Kemi Badenoch, sont également en déclin, avec seulement 250 sièges, perdant ainsi 158 postes, ce qui témoigne de la fragmentation du paysage politique britannique. Alors que les résultats définitifs se profilent, plusieurs ministres de Starmer ont exprimé leur soutien.
David Lammy, vice-Premier ministre, a affirmé : « On ne change pas de pilote en plein vol. » Yvette Cooper, ministre des Affaires étrangères, a souligné la nécessité de réfléchir aux résultats et de mieux afficher les valeurs d'équité du Parti travailliste. La question de l'immigration, notamment les traversées illégales de la Manche, continue de susciter un fort mécontentement parmi la population.
En dépit d’une détermination affichée par Starmer de rester en poste, des manoeuvres en coulisses sont signalées, des députés travaillistes cherchant à obtenir son départ. D’autres évoquent un remaniement nécessaire pour redynamiser le gouvernement, à la veille d'une présentation cruciale par le roi Charles III devant le Parlement, où il dévoilera les projets de loi gouvernementaux pour l'année à venir.







