Le parquet de Dunkerque a récemment ouvert une enquête visant plusieurs membres de la Marine nationale, après des accusations de comportements racistes durant des missions de sauvetage de migrants en mer. Les allégations évoquent non seulement des injures publiques liées à l'origine et à l'ethnie des rescapés, mais aussi des mises en danger de ces personnes, comme l’a précisé Charlotte Huet, magistrate en charge du dossier.
Ce processus a été engagé à la suite d'un signalement émis le 13 avril par le préfet maritime de la Manche, appuyé par un courrier d'un agent de la Marine dénonçant des actions inacceptables de ses collègues sur le navire Ridens, affrété par l'État. De tels comportements, confiés à Le Monde et au site d'investigation Lighthouse Reports, ont suscité une vive indignation.
Un témoignage glaçant d'une femme ayant effectué des missions sur le Ridens en 2025 a révélé qu'un collègue avait traité les migrants secourus de "bêtes" et suggéré qu'on "devrait tous les brûler avec un lance-flamme". De plus, des migrants auraient reçu des rations d'eau insuffisantes, malgré une réserve conséquente à bord.
Le Ridens fait partie d'un dispositif de sauvetage déployé par l'État pour surveiller les traversées périlleuses entre la France et le Royaume-Uni. Opérant à Dunkerque, ce navire de 40 mètres appartient à la société privée SeaOwl, dont l'équipage compte une dizaine de membres. À ce jour, la société n'a pas émis de commentaire concernant les accusations.
Les investigations en cours
Actuellement, l'enquête, sous la houlette du groupement de gendarmerie maritime de la Manche, a pour mission de : vérifier la véracité des faits évoqués et évaluer la nature des comportements incriminés. Si les allégations se confirment, la situation pourrait relever de la compétence du parquet militaire, a indiqué Charlotte Huet.
Ces incidents soulignent des enjeux cruciaux autour du traitement des migrants et de la dignité humaine dans des opérations de sauvetage. Alors que la crise migratoire continue d'affecter les rivages européens, ces comportements mettent en évidence des lacunes dans la formation et le soutien des équipes de secours.







