Israël a voté à l'unanimité, dimanche, pour reconnaître le génocide arménien de 1915, marquant ainsi une rupture avec des décennies de diplomatie prudente envers Ankara. La Turquie a rapidement dénoncé cette décision comme étant une « manœuvre politique » visant à détourner l'attention sur les « crimes israéliens » commis à Gaza.
Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré que « le gouvernement israélien, qui a systématiquement opprimé le peuple palestinien, cherche à cacher ses propres exactions avec cette décision concernant des événements vieux d'un siècle ».
En réagissant à cette reconnaissance, qui survient dans un climat de tensions grandissantes entre les deux pays, la Turquie a réaffirmé son rejet du terme de « génocide » pour qualifier les massacres des Arméniens durant l'Empire ottoman.
Une rupture historique pour Jérusalem
Ce vote représente un tournant crucial dans les relations diplomatiques israélo-turques, historiquement caractérisées par une forte coopération. Les précédents gouvernements israéliens avaient évité de reconnaître le génocide arménien pour ne pas froisser Ankara, ancien partenaire stratégique.
La reconnaissance du génocide arménien est déjà un fait établi dans de nombreux pays, y compris les États-Unis, la France et l'Allemagne, et le nombre de victimes est estimé entre 600 000 et 1,5 million.
Certains analystes, comme le politologue Jean-Marc Siroën, estiment que cette décision pourrait avoir des conséquences durables sur les relations au Moyen-Orient, soulignant que « les enjeux géopolitiques sont en constante évolution, et cette reconnaissance pourrait bien marquer le début d'une nouvelle ère dans les relations internationales ».







