À partir de samedi, Téhéran se transforme en véritable forteresse pour accueillir les funérailles d'Ali Khamenei, ancien guide suprême décédé il y a quatre mois suite à une frappe israélo-américaine. Ces obsèques, d'une ampleur inédite, s'annoncent comme une démonstration de force au lendemain d'une guerre qui a marqué le pays pendant 40 jours, coûtant la vie à de nombreux responsables et milliers de civils.
Les autorités prévoient entre 15 et 20 millions de participants à ce tribute de trois jours, reflet d'une nation en deuil et d'une résistance affirmée. À l'entrée de la mosquée où la dépouille de Khamenei sera exposée, des ouvriers s'affairent aux derniers préparatifs, comme l’a rapporté l'AFP. « Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde », confie Hossein Moghadassi, un employé de 43 ans, gelant la chaleur sous le poids d’une attente immense.
Le complexe de la Mosalla, habituellement destiné aux grandes prières et rassemblements, restera ouvert jour et nuit jusqu'à lundi. Un cortège transportant le cercueil d'Ali Khamenei défilera ensuite à travers Téhéran avant de gagner la ville sainte de Qom.
Des dignitaires du monde entier, notamment d'une trentaine de pays voisins, ont confirmé leur présence, parmi eux l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par He Wei, un haut responsable de son Parlement.
Ali Khamenei, le guide suprême ayant occupé ce poste le plus longtemps depuis la fondation de la République islamique en 1979, a succombé à 86 ans à des bombardements directs contre sa résidence le 28 février dernier. Initialement prévues en mars, ses obsèques nationales ont été reportées, mais s'annoncent désormais comme les plus spectaculaires de l'histoire iranienne.
Lors des funérailles de l'ayatollah Khomeini en 1989, environ 10 millions de personnes avaient assisté à l'événement, entraînant des mouvements de foule tragiques. Aux côtés du cercueil de Khamenei, seront exposés ceux de plusieurs proches décédés, ajoutant une dimension tant personnelle que nationale à cette cérémonie.
Des affiches illustrant Khamenei le poing levé, symbole d'une résistance farouche, tapissent déjà les rues de Téhéran. « Ton nom restera éternel sur cette terre d'or », proclame une bannière, tandis que la ville se prépare à célébrer un autre « martyr ».
Notamment, l'absence d'invitations envoyées aux dirigeants européens souligne les tensions persistantes entre l'Iran et l'Occident. Esmaïl Baghaï, porte-parole de la diplomatie iranienne, a souligné que ceux qui assisteront à ces funérailles s’opposaient à l’histoire de la République islamique, unissant leurs voix contre le soutien occidental à Israël.
La coïncidence des obsèques avec la fête nationale américaine le 4 juillet pourrait intensifier la symbolique de l'événement. Depuis vendredi, Téhéran est placée sous haute sécurité, avec un périmètre renforcé et des restrictions de circulation, en prévision d'un afflux massif de participants.
Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet à Machhad, ville de son origine, où son cercueil fera également une escale en Irak, soulignant l'importance de la communauté chiite partagée entre ces deux nations.







