Le Chrysler Building, icône du skyline new-yorkais, est à la recherche d'un nouveau propriétaire après une expropriation de ses derniers détenteurs. Avec sa flèche emblématique en acier inoxydable et ses détails art déco, cet édifice continue d'attirer les touristes, bien que sa plateforme d'observation ait fermé ses portes en 1945.
Construit en un temps record juste avant la Grande Dépression, le Chrysler Building incarne le modernisme et l'exubérance des années 1930. Culminant à 318 mètres, il a officiellement ouvert ses portes au public en avril 1930, offrant 117,000 m² d'espace de bureaux. Toutefois, ces dernières années, des tenants ont exprimé des préoccupations concernant l'état des lieux, mentionnant des problèmes comme des plafonds bas et des installations vieillissantes.
Ruth Colp-Haber, experte en immobilier commercial chez Wharton Property, affirme que "le magnifique Chrysler Building souffre de nombreux problèmes techniques" qui nécessiteront des travaux conséquents. Avec l'expansion du télétravail pendant la pandémie, de nombreux anciens bureaux n'ont pas su répondre aux nouveaux critères des entreprises modernes, accentuant les défis de vieillissement du bâtiment.
Un bâtiment à l'épreuve du temps
Face à la concurrence croissante des gratte-ciels modernes tels que One Vanderbilt, qui ont vu le jour récemment, le Chrysler Building peine à se faire une place. Son cadre prestigieux à 405 Lexington Avenue attire principalement des professionnels dans des opérations artistiques et juridiques. Cependant, avec des locataires se plaignant d'ascenseurs en panne et d'autres inconvenances, la situation semble devenir précaire.
La terre sur laquelle se dresse le Chrysler Building appartient à Cooper Union, une institution respectée depuis 1902, qui perçoit un loyer substantiel. Cependant, après des années de gestion défaillante, le dernier propriétaire, un consortium composé de RFR et Signa, a été exproprié pour non-paiement du loyer, aggravant le tableau. En 2019, ils avaient promis des investissements de 250 millions de dollars pour rénover le bâtiment, mais ces espoirs se sont évanouis avec la faillite de Signa.
Un porte-parole de Cooper Union a récemment commenté : "Nous avons constitué d'importantes réserves au cours des dernières années, malgré les difficultés rencontrées par nos précédents locataires." Malgré tout, l’avenir du Chrysler Building reste flou. Cooper Union explore toutes les options, y compris une éventuelle transformation partielle en hôtel ou en logements. La préservation historique pourrait toutefois compliquer ces ambitions, la Commission de préservation des monuments soulignant qu'une démolition complète est fortement improbable.
Maître de son époque, le Chrysler Building reste un emblème fondamental de l’architecture américaine et sa transformation, si elle se réalise, sera observée de près par les passionnés d'architecture et les habitants de New York. Que cela soit par une restauration de choque ou une réimagination avant-gardiste, l’intérêt pour cet édifice est loin de s'éteindre.







