En plein cœur du palais de justice de Paris, Marine Le Pen a débuté son procès en appel ce mardi avec une approche distincte, consciente que les enjeux de cette affaire pourraient influencer ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2027. La cheffe du Rassemblement National (RN), à travers un message déterminé, a entrepris de refondre sa stratégie de défense, en mettant en lumière des éléments qui, autrefois, avaient choqué la cour.
Face à la présidente de la cour d'appel, Michèle Agi, elle a réagi vivement à son audience, ouvrant ainsi la voie à un réexamen des faits. "Si un délit a été commis, je suis prête à l'entendre. Cependant, durant les années 2004, 2009 et 2014, nous avons toujours eu la conviction de ne rien transgresser en employant nos assistants", a-t-elle affirmé, récemment citée par France Info.
Un changement inévitable
Le verdict de première instance avait été sévère, avec une condamnation à quatre ans d'emprisonnement dont deux ans avec bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 100 000 euros et une inéligibilité de cinq ans. Ce revers significatif a forcé Marine Le Pen à reconsidérer ses propos, évitant d'adopter une position défensive comme auparavant. Ses récentes déclarations marquent, de fait, une concession qui pourrait lui permettre de regagner du terrain.
Les accusations du FN, devenu RN, portent sur l'instauration d'un système frauduleux entre 2004 et 2016, exploitant des fonds européens pour rémunérer des assistants qui, en réalité, œuvraient pour le parti. Sur les 25 prévenus, 11, dont des figures comme Louis Alliot et Julien Odoul, ont interjeté appel.
Malgré le contexte tendu, Marine Le Pen a su garder le silence au milieu des caméras, ne prêtant pas attention à l'agitation médiatique. Elle aura, néanmoins, l'opportunité de défendre ses arguments de manière plus détaillée lors des auditions prévues les 20 et 21 janvier, avec un procès qui devrait se prolonger jusqu'au 11 février. Ce moment représente clairement une chance pour la politicienne de s'aligner sur une réalité qu'elle avait jusqu'alors rejetée.
Des analystes politiques soulignent que la stratégie actuelle de Marine Le Pen pourrait être interprétée comme une tentative de redorer son image et de se présenter comme un leader conscient des enjeux juridiques. "Cette nouvelle approche pourrait lui permettre d'une part de diminuer le mécontentement et d'autre part de se rétablir dans l’esprit des électeurs", a commenté un analyste de France 24. En montrant une certaine humilité face aux accusations, elle pourrait reconquérir un électorat qui aurait pu hésiter.







