À Ankara, plusieurs centaines de fonctionnaires ont exprimé leur mécontentement lors d'une manifestation qui a eu lieu mercredi. Ce rassemblement vise à exiger des augmentations salariales face à une inflation qui dépasse les 30 % en glissement annuel. Bien qu'une hausse de 18,6 % des salaires ait été appliquée au 1er janvier, beaucoup de ces employés des services publics peinent à joindre les deux bouts, selon la Kesk, une des principales confédérations syndicales du pays.
Le salaire minimum des fonctionnaires a été fixé à 61 890 livres turques, soit environ 1 230 euros. Cependant, le seuil de pauvreté pour une famille de quatre personnes aurait, selon des estimations, franchi les 98 000 livres turques (environ 1 950 euros), rendant la situation économique précaire pour de nombreuses familles comptant sur un seul revenu.
« Nos salaires ne nous permettent plus de faire face à la flambée des loyers ! », a déploré Ayfer Kocak, co-présidente de la Kesk, lors de la manifestation devant le ministère du Travail.
D'après l'institut national de la statistique (TÜİK), l'inflation aurait ralenti en décembre à 30,9 % après avoir atteint des sommets supérieurs à 75 % au printemps 2024. Toutefois, des économistes indépendants, comme ceux du groupe Enag, avancent des chiffres nettement plus élevés, leurs estimations allant jusqu'à 56,14 % pour la même période.
Au-delà des chiffres, la colère gronde. « Le gouvernement condamne les fonctionnaires à des conditions de vie inacceptables, basées sur des données trompeuses », a déclaré Tülay Yildirim, professeur et porte-parole d'Egitim-Sen. Les travailleurs revendiquent leur juste part du budget étatique, financé par l'argent des contribuables.
« Avec des salaires pareils, acheter un simple costume pour le travail devient impossible. Comment peut-on vivre dans une grande ville ? » s'interroge Osman Seheri, responsable de Tumbelsen. La situation est une préoccupation croissante non seulement pour les fonctionnaires mais pour l'ensemble de la société. Les appels à un soutien accru et à des augmentations significatives de salaire risquent d’intensifier les tensions sociales dans les mois à venir. En effet, cette lutte pour la dignité sera un enjeu crucial dans le débat économique et social de la Turquie.







