Saint-Amand-les-Eaux (France) (AFP) – "Le pire, c'est de plonger dans l'inconnu". Maire sortant de la ville et figure du Parti communiste, Fabien Roussel se positionne pour les prochaines élections municipales dans un contexte politique tendu, à la fois local et international. Lors d'une réunion rassemblant plus de 300 personnes, il a exprimé sa volonté de "rassurer" les Amandinois, face à ceux susceptibles d'être séduits par le Rassemblement national (RN).
Face à un climat incertain, Roussel souhaite éviter d'ajouter à l'inquiétude ambiante. Il s'inscrit dans la continuité laissée par son prédécesseur Alain Bocquet, qu'il a remplacé en 2022 après plus de deux décennies à la tête de la mairie. Sa candidature vise également à faire barrage à une potentielle alternance qui pourrait profiter au RN lors des élections municipales des 15 et 22 mars.
Roussel garde à l'esprit que sa réussite électorale pourrait conditionner ses ambitions futures, notamment une éventuelle candidature à la présidentielle de 2027. Cependant, il doit faire face à des adversaires redoutables, dont Eric Renaud, un ancien adjoint qui a rejoint l'opposition, et Eric Castelain, un conseiller municipal soutenu par le RN. Ce dernier, qui se voit comme un "gaulliste historique", s'estime en position favorable avec deux listes de gauche face à lui.
La rivalité entre Roussel et Renaud s'est accentuée, Renaud reprochant à Roussel sa légitimité, qualifiant sa candidature de "pièce rapportée". Selon un proche de Roussel, il existe des tensions palpables entre ces deux acteurs. De plus, Renaud se dit prêt à rester en lice quel que soit le résultat du premier tour, convaincu d'un meilleur report de voix que son adversaire.
Des habitants, comme Thérèse, 76 ans, expriment leur désillusion au sujet de la succession Roussel-Bocquet. "On n'a pas eu notre mot à dire", déclare-t-elle résumant le ressenti de certains électeurs. D'autres comme Jérôme Dubois, soutiennent Roussel en affirmant qu'il est un "excellent maire".
Ceux qui critiquent Roussel évoquent également ses engagements nationaux, qui selon eux, le tiennent éloigné des réalités locales. Toutefois, Roussel se sent porté par un héritage, affirmant que la majorité des électeurs veulent voir se poursuivre les politiques mises en place depuis trente ans.
Alors que la campagne commence à chauffer, les regards se tournent vers les programmes électoraux qui seront présentés dans les semaines à venir. Les résultats du scrutin s'annoncent cruciaux, tant pour l'avenir local que pour la trajectoire politique de Roussel.







