Avec près de 10 millions d'habitants, Cuba traverse des moments difficiles, se sees des restrictions drastiques en matière de carburant. En effet, les Etats-Unis menacent d'imposer des droits de douane sur le pétrole destiné au régime cubain, rendant la situation encore plus précaire.
Dès le lundi 9 février, des mesures urgentes ont été appliquées, plongeant les Cubains dans un choc économique. Télétravail, semaine de quatre jours, et cours à distance sont désormais la norme. Cette transformation s'explique par l'arrêt brutal de l'approvisionnement pétrolier en provenance du Venezuela, conséquence directe des tensions géopolitiques.
"Ces mesures vont asphyxier les habitants. Les répercussions pour l'île seront sévères", déclare Thomas Posado, maître de conférences à l'université de Rouen et auteur de Révolutions à Cuba de 1868 à nos jours.
Une crise qui s'étend depuis six ans
Les nouvelles restrictions, d'une ampleur sans précédent, incluent une réduction de la semaine de travail dans les entreprises d'État, la diminution de l'accès à la vente de carburant, ainsi que des services de transport en commun largement réduits. Oscar Pérez-Oliva Fraga, vice-Premier ministre, affirme que ces mesures visent à épargner l'énergie pour prioriser "la production alimentaire et électrique" et sauvegarder les revenus essentiels générant des devises.
Cette pénurie survient à un moment où l'économie cubaine, déjà affaiblie par une crise de six ans, peine à se relever. "Le secteur touristique, développé depuis les années 2000, n'a pas complètement rebondi post-Covid-19," remarque Posado, ajoutant que la réforme monétaire de 2020 s’est mal déroulée, aggravée par un embargo américain historique.
Des coupures de courant fréquentes et alarmantes
Le tableau se complique, le gouvernement ayant récemment informé les compagnies aériennes de l'absence prévue de kérosène pendant un mois. Bruno Rodriguez, ministre cubain des Affaires étrangères, a évoqué "des sacrifices inévitables", soulignant la gravité de la situation. Eduardo Canciano, un ancien maire de La Habana Vieja, indique que la conséquence de cette crise est une ville à l'arrêt, où les files d'attente pour l'essence s'allongent, tandis que le service de transport public se dégrade.
Cuba ne parvient pas à couvrir ses besoins énergétiques en raison de l'obsolescence de ses infrastructures. "La transition vers des énergies renouvelables, comme les centrales solaires, est en cours mais constitue un processus long," observe Thomas Posado, tandis que le risque de coupures énergétiques accrus devient de plus en plus pressant.
"Cette crise énergétique pourrit la vie des Cubains. Beaucoup comptent maintenant les heures d'électricité au lieu des heures de coupure, une réalité tragique."
Thomas Posado, spécialiste de l'Amérique latineà franceinfo







