Par Olivier Pirot
Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, l’Assemblée nationale va examiner une pétition déposée sur son site officiel. Toutefois, ce débat ne s'accompagnera d'aucun vote ni d'une modification de la loi Duplomb face à laquelle se mobilisent les 2.131.368 citoyens signataires.
Bien que ce chiffre semble modeste comparé aux plus de 48,7 millions d’électeurs enregistrés lors de la dernière présidentielle en 2022, il dépasse néanmoins le score de certains candidats comme Valérie Pécresse (LR), Yannick Jadot (Écologiste) ou Anne Hidalgo (PS) au premier tour. Aux élections européennes de 2024, seules quatre listes ont franchi la barre des 2,1 millions de voix.
La signature de cette pétition par plus de 2 millions de Français, validée par le biais de FranceConnect, ne saurait être ignorée. Le débat au sein de l’Assemblée, bien que dépourvu de conséquences immédiates, ouvre la voie à une réflexion plus large sur le concept de démocratie directe.
Le "succès" relatif de cette initiative, ainsi que les discussions autour du référendum d’initiative partagée, qui n’a jamais été mis en œuvre en France, mettent en lumière l’intérêt croissant des citoyens pour la politique. Cet engouement est d’autant plus significatif en dépit de la méfiance persistante envers les représentants politiques, un sentiment que l’on peut observer depuis le mouvement des Gilets jaunes.
Comme l’indique l’analyste politique Jean-Michel Dubois, "cette mobilisation montre que les citoyens veulent être acteurs du changement et non pas seulement spectateurs." Il ajoute que de telles initiatives pourraient redynamiser la confiance des électeurs envers leurs institutions.







