Des coups de feu ont surpris les habitants de Conakry mardi matin, entraînant un vaste déploiement des forces de sécurité près de la prison centrale et des bureaux gouvernementaux. Les causes de cette violence demeurent floues.
Selon un journaliste de l'AFP et plusieurs témoins, des « tirs d'armes automatiques » ont éclaté à Kaloum, le cœur administratif de la capitale guinéenne. Ce quartier abrite non seulement la présidence, mais aussi des institutions clés du pays sous le régime du général Mamadi Doumbouya, qui exerce un contrôle strict depuis son accession au pouvoir par un coup d'État en 2021.
« J'ai entendu des voitures passer rapidement, suivies de tirs d'armes automatiques », a relaté Thierno Baldé, un expert-comptable de la région. Les tirs, qui ont débuté peu avant 09H00, ont continué pendant environ 30 minutes, provoquant la fermeture temporaire de l'accès à Kaloum.
Un dispositif de sécurité comprenant policiers et militaires des forces spéciales a été mis en place dans le secteur. Trois véhicules blindés étaient visibles près de la prison centrale, indiquant une tension persistante. Des ambulances ont également quitté le site durant la matinée, suscitant des inquiétudes parmi les habitants.
« Il y a eu des échanges de tirs à l'intérieur de la prison, provoquant une panique parmi les résidents », a déclaré une habitante du quartier. Malgré l'intensité de la situation, elle a mentionné une « accalmie » survenue par la suite, permettant à certains d'évacuer la zone en toute hâte.
Kaloum, en plus d'héberger la prison centrale, a une histoire marquée par des événements violents. En novembre 2023, un commando lourdement armé avait réussi à libérer l'ancien dictateur Moussa Dadis Camara après des affrontements qui avaient causé plusieurs pertes humaines. Camara a été capturé à nouveau et a été condamné pour crimes contre l'humanité en juillet 2024, avant de bénéficier d'une grâce présidentielle en mars 2025 pour des raisons de santé.







