2026 se profile comme une année charnière pour le réacteur emblématique de la Manche. Après des délais de livraison sans précédent et un coût ayant explosé, EDF doit prouver que cet équipement peut enfin répondre aux attentes de production électrique, tout en garantissant la sécurité.
Le 21 décembre 2025, après un chantier prolongé de 17 ans marqué par 12 années de retard, l’EPR de Flamanville a été connecté au réseau électrique national. Cet événement, tant attendu par l’ensemble du secteur nucléaire français, s’accompagne d’un lourd bilan financier : 20,4 milliards d'euros, soit près de six fois le budget initial, selon Le Parisien. En effet, ce projet est devenu, malgré lui, la figure de proue d'une stagnation industrielle prolongée. Toutefois, une lueur d’espoir se dessine à l'horizon, à condition que 2026 offre les validations tant désirées pour une mise en service officielle.
20 000 vérifications à réaliser
Pour atteindre cet objectif, l'EPR, actuellement le plus puissant de France, va subir un entretien complet. À partir du 28 septembre 2026, EDF mettra le réacteur à l'arrêt pour environ 350 jours, dans le cadre d'une "grande visite réglementaire" visant à évaluer la conformité et la sûreté de ses installations.
« Cet arrêt est classique et obligatoire pour tous les réacteurs du parc nucléaire français lors de leur mise en service », souligne la direction d'EDF. L'objectif est de procéder à une vérification minutieuse de l'ensemble des équipements. Pour commencer, les 241 assemblages de combustible seront déchargés, suivis de contrôles essentiels et mises à l'épreuve.
Cette phase cruciale comprend une inspection technique exhaustive, réalisée avec l’aide de partenaires industriels, afin de détecter des ajustements éventuels. Pendant cet arrêt, la turbine centrale et les équipements sous pression, particulièrement critiques, seront examinés. Des câblages complexes seront aussi remplacés pour satisfaire à de nouvelles normes réglementaires.
De plus, le couvercle de la cuve, qui présente une anomalie de construction, sera remplacé. Au total, près de 200 entreprises et jusqu’à 2 500 travailleurs seront mobilisés pour mener à bien ces 20 000 opérations de maintenance et de contrôle. Après une année de travaux, le réacteur, une fois rechargé avec son nouveau combustible, sera reconnecté au réseau, prêt à alimenter près de deux millions de foyers français.







