Aux États-Unis, la police de l’immigration, ICE, utilise une panoplie d'outils technologiques pour surveiller les migrants, générant des préoccupations parmi la population. En effet, la reconnaissance faciale, la géolocalisation et des logiciels sophistiqués sont désormais employés pour identifier non seulement les immigrants en situation irrégulière, mais également ceux qui s'opposent à ces pratiques. Cette évolution soulève de vives inquiétudes, poussant même des entreprises comme Capgemini à se désengager de leurs activités auprès d'ICE.
Les citoyens américains eux-mêmes commencent à craindre les conséquences de cette surveillance omniprésente. Nicole, résidente de Minneapolis, raconte au New York Times qu'un agent d'ICE l'a interpelée en utilisant son prénom, bien qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés. Cette expérience illustrerait la façon dont ces technologies peuvent menacer la vie privée de tout un chacun.
Recenser les manifestants contre ICE
Un agent a expliqué à Nicole qu'il avait pu l'identifier grâce à une caméra individuelle équipée de reconnaissance faciale, une méthode qui suscite des préoccupations de la part d'activistes locaux. Ces derniers rapportent plusieurs cas similaires dans la région, mettant en lumière la possibilité que la technologie soit utilisée pour surveiller les manifestations contre ICE.
La partie immergée de l'iceberg
La reconnaissance faciale n'est qu'une facette de l'arsenal technologique d'ICE. Des programmes plus intrusifs, au moins six acquis par le Département de la Sécurité intérieure, sont en place pour surveiller les réseaux sociaux, entre autres. Un logiciel de Palantir intègre des données issues de différentes agences gouvernementales, tandis qu'une application développée par Paragon, une entreprise israélienne, permet d'accéder à distance aux messages et à la localisation de téléphones sans intervention judiciaire.
L'Union américaine pour les libertés civiles a alerté sur ces pratiques, évoquant des "capacités sans précédent" dans un pays marqué par des révélations sur la surveillance de masse, comme celles mises en lumière par Edward Snowden.
Les justifications du département de la Sécurité intérieure
Pour contrer les critiques, le département de la Sécurité intérieure insiste sur la nécessité d'outils adaptés pour lutter contre la criminalité, tout en éludant les questions sur la légalité de ces dispositifs. Une représentante a déclaré que les "avancées technologiques sont essentielles pour lutter efficacement contre la criminalité". Cependant, la nature abusive de cette surveillance inquiète le Conseil américain pour l'immigration, soucieux de la portée de ces technologies, initialement limitées aux frontières, mais désormais utilisées sur tout le territoire.
Un élu de l'Oregon a exprimé que les actions d'ICE compromettent les droits civiques de tous, en raison du climat politique actuel. Récemment, le sénateur Ed Markey a proposé une loi pour restreindre l'utilisation de la reconnaissance faciale par les autorités. Pendant ce temps, les agents d'ICE continuent d'exploiter ces outils dans l'exercice de leurs fonctions.







