Le socialiste modéré Antonio José Seguro, âgé de 63 ans, a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal. Selon les projections, il obtient entre 67 % et 73 % des voix, largement devant son adversaire d’extrême droite, André Ventura, leader du parti Chega.
Les premières estimations des chaînes nationales, basées sur des sondages réalisés aux bureaux de vote, confirment ce résultat écrasant. Bien qu’il ait subi une défaite, André Ventura, 43 ans, consolidant ses amb ambitions, a recueilli entre 27 % et 33 % des suffrages.
Ancien secrétaire général du Parti socialiste entre 2011 et 2014, Seguro succédera à Marcelo Rebelo de Sousa, président sortant, le 9 mars prochain. Ce dernier a occupé le poste durant une décennie.
Une victoire symbolique pour le socialisme
André Ventura promettait une "rupture" avec les partis traditionnels, mais Seguro s’est présenté comme un candidat unificateur, mettant en garde contre "le cauchemar" que pourrait être la présidence de son adversaire.
Ayant passé une dizaine d’années loin des projecteurs, Seguro a su capitaliser sur ses expériences passées pour obtenir le soutien de personnalités politiques de divers horizons, mais pas du Premier ministre Luis Montenegro, qui dirige un gouvernement minoritaire de droite.
Montenegro, qui jongle entre les socialistes et l’extrême droite au Parlement, a choisi de ne pas donner de consigne de vote lors de ce second tour.
L’extrême droite en première force d'opposition
Malgré sa défaite, André Ventura marque un tournant pour son parti. En se qualifiant pour le second tour avec 23,5 % des voix lors du premier tour, il a confirmé que Chega est désormais la première force d’opposition au Portugal, comme l’a rapporté Le Monde.
"En se lançant dans la course, Ventura cherche à renforcer sa base électorale", explique le professeur de sciences politiques à l’Institut universitaire de Lisbonne, José Santana Pereira.
Le rôle du président portugais est essentiellement symbolique mais crucial, car il peut dissoudre le Parlement si nécessaire. Le politologue Bruno Ferreira da Costa, de l’université Beira Interior, souligne que puisque le gouvernement ne détient pas encore de majorité solide, le nouveau président jouera un rôle central dans le jeu politique.
Des élections perturbées par des intempéries
La campagne a été fortement perturbée par les tempêtes dévastatrices qui ont frappé le Portugal ces deux dernières semaines, entraînant le report des élections dans certaines circonscriptions. Néanmoins, 11 millions d’électeurs étaient appelés à voter ce dimanche, et malgré les craintes de baisse de participation, l'abstention devrait rester similaire au premier tour avec un taux de 47,7 %.
"Je pense qu'ils ont pris la bonne décision de maintenir les élections", témoigne Celeste Caldeira, une enseignante retraitée de 87 ans. "Nous avons deux candidats. Soit on vote pour celui qui pense à l'intérêt de tous, soit..."
Julia Rodrigues, une étudiante en médecine de 20 ans, a partagé ses hésitations : "Le choix est vraiment difficile car je n’aime aucun des deux candidats", mais elle a finalement décidé de voter pour Seguro.







