Les travailleurs d'Ubisoft, le leader français du secteur du jeu vidéo, ont initié une grève « massive et internationale» prévue du mardi 10 au jeudi 12 février. À travers cette action collective, les employés, soutenus par divers syndicats, cherchent à contrecarrer les mesures d'austérité de la direction, y compris un plan de départs volontaires touchant 5 % des effectifs en France.
Ce mouvement a pour but d'initier une rupture avec la gestion actuelle de l'entreprise. Face à un plan d'économies de 200 millions d'euros et une réorganisation brutale orchestrée par Yves Guillemot, les employés ne cachent pas leur mécontentement.
Plusieurs projets de jeu ont été annulés, et les discussions autour du télétravail ont été abandonnées, forçant ainsi un retour à un emploi sur site à temps plein. En plus, un nouveau plan de départs volontaires impactant 200 salariés à Saint-Mandé renforce le sentiment de dévalorisation parmi les employés, qui se voient peu considérés par la direction.
De Montpellier à Annecy, en passant par Bordeaux et Lyon
« On se sent méprisés, la direction fait ses annonces aux actionnaires et aux journalistes, avant de s'adresser aux salariés, » a exprimé Vincent, un représentant du Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) à Ubisoft Paris, cité par l’Humanité fin janvier. L'appel à la grève du 27 janvier a résonné au sein de plusieurs studios, de Montpellier à Annecy, avec des équipes unitees pour faire entendre leur voix.
Un rassemblement significatif est également programmé à Saint-Mandé, le siège de l’entreprise depuis 1986. Les sources syndicales ont confirmé la mobilisation de sections internationales (Allemagne, Italie, Espagne) pour soutenir leur lutte, bien que les actions à l'étranger restent à préciser.
La direction, sous les critiques croissantes, fait face à une remise en cause de sa stratégie établie. Avec la condamnation de Serge Hascoët pour complicité de harcèlement moral, la réputation d'Yves Guillemot est mise à mal. « Il essaie de retourner à un passé que nous ne reconnaissons plus, particulièrement son obsession pour un modèle de travail pré-Covid, » a fait savoir Jocelyn, élu CFE-CGC.
Ubisoft, qui emploie près de 17 000 personnes à travers le monde, a déjà réduit plus de 3 000 postes au cours des dernières années, et les difficultés financières persistent, obligent à des fermetures de studios dans plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada. Les restructurations devraient commencer dès avril, laissant l'avenir des productions vidéoludiques incertain.







