Le premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a réalisé un exploit lors des élections législatives du 8 février. Porté par un fort courant nationaliste, notamment en raison du conflit avec le Cambodge, il semblait improbable qu'il puisse devancer ses concurrents réformistes. Cependant, selon les résultats préliminaires, son parti, Bhumjaithai, se positionne comme le groupe parlementaire dominant, récoltant environ 200 sièges contre plus de 100 pour le Parti du peuple, représenté par Natthaphong Ruengpanyawut, qui n'a d'autre choix que d'accepter sa défaite.
Le facteur Cambodge
Le conflit frontalier avec le Cambodge a joué un rôle crucial dans le vote des citoyens. Comme le souligne Yuernyong Loonboot, un électeur de 64 ans, "Nous avons besoin d’un leader fort capable de protéger notre souveraineté". Les tensions à la frontière, exacerbées par des échauffourées en décembre, ont certainement influencé l'opinion publique. Anutin a promis, durant sa campagne, de renforcer les mesures de sécurité, comprenant un nouveau mur à la frontière et un recrutement massif de volontaires dans l'armée, ce qui a su séduire une partie significative de l'électorat.
Bien que le Bhumjaithai ne semble pas en mesure d'atteindre la majorité absolue des 500 sièges, le nombre de ses représentants lui conférera un avantage stratégique dans les négociations pour former une coalition. Le futur gouvernement devra faire face à plusieurs défis, notamment une économie stagnante, surclassée par une croissance rapide du Vietnam, et un secteur touristique n’ayant pas encore retrouvé son niveau d’avant la pandémie.
Dans cette conjoncture éminemment complexe, les acteurs politiques devront coordonner leurs efforts pour stabiliser le pays tout en répondant aux aspirations des citoyens. La voix des électeurs, en faveur d’un leadership affirmé, semble plus forte que jamais.







