En se déclarant candidat à la présidentielle à un mois du premier tour des municipales, Bruno Retailleau semble se désintéresser du destin des listes investies par le parti LR qu’il préside.
Par Luc Bourrianne
Le premier tour des élections municipales approche, mais la campagne, longtemps éclipsée par des débats parlementaires, s'anime enfin. Les candidats s'activent, et les lieux de rencontre se transforment en forums électoraux où les préoccupations des habitants prennent de l'ampleur.
C'est dans ce contexte que Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à la présidentielle pour 2027, le 12 février. Étonnamment, ce n'est ni à la mairie du Puy du Fou ni à celle de La Roche-sur-Yon que le président des LR a choisi de faire cette annonce, mais en se projetant vers l'avenir. Il décrit cette démarche comme une question de devoir : «Par sens du devoir, pas par une obsession du pouvoir», dit-il. Mais ne devrait-il pas prioriser les enjeux démocratiques locaux ?
Après avoir quitté le gouvernement sur un coup de tête, Retailleau semble chercher une nouvelle orientation. Il justifie son timing par la nécessité de convaincre les Français avant les élections à venir, mais semble faire fi du flot démocratique des élections municipales. En ignorant ce scrutin, il risque de perdre la confiance de ses candidats, déjà inquiets de son avancement et de ses priorités. Il va même jusqu'à affirmer que «la seule élection qui permet de changer les choses», c'est la présidentielle.
«Il va falloir renverser la table», promet Retailleau en mettant la présidentielle à l'avant-plan. Cette démarche soulève des interrogations sur son engagement envers le parti et les collectivités locales.







