En octobre dernier, la Première ministre japonaise a suggéré une éventuelle intervention militaire du Japon en cas d'agression contre Taïwan. Cette déclaration n'a pas été du goût de Pékin, qui a immédiatement réagi.
Tokyo a exprimé ses « fermes protestations » envers la Chine après que Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois, a accusé le Japon de « faire revivre le militarisme », à un moment où le pays augmente ses dépenses militaires. En effet, la tension est palpable, surtout depuis que la ministre Sanae Takaichi a abordé la question taïwanaise dans ses discours.
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en Allemagne, Wang a averti que le Japon ne devrait pas être influencé par « ces forces d'extrême droite », tout en rappelant que le militarisme nippon du passé a causé d'énormes souffrances en Asie durant les années 1930 et 1940.
« Toutes les nations pacifistes doivent mettre en garde le Japon : s'il choisit de revenir en arrière, cela ne mènera qu'à sa perte », a-t-il déclaré, renforçant ses accusations. En réponse, le ministère japonais des Affaires étrangères a rejeté ces assertions, les qualifiant de « factuellement incorrectes et sans fondement ». Il a précisé que les efforts du Japon pour renforcer ses capacités de défense sont une réponse à un contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant et ne ciblent aucun pays en particulier.
Le ministre Motegi Toshimitsu a apporté des clarifications lors d'une autre session de la conférence, tout en poursuivant des discussions diplomatiques avec la Chine. Ce dialogue est d'une importance cruciale, surtout après les affirmations de Takaichi, qui souhaite annuellement porter les dépenses militaires du pays à 2 % du PIB, un objectif ambitieux qu'elle espère atteindre avec deux ans d'avance.
Depuis son entrée en fonction, la ministre a aussi exprimé son intention de renforcer les défenses du Japon, qui abrite environ 60 000 soldats américains, promettant de « protéger résolument » le territoire nippon. Ces développements placent le Japon au centre d'une dynamique complexe, exacerbée par les tensions géopolitiques en Asie, et soulèvent la question de l'avenir de la sécurité dans la région.







