Le royaume hachémite, autrefois perçu comme un pilier de stabilité au cœur du Moyen-Orient, traverse une tourmente sans précédent. Les annulations de vols et l’instabilité croissante impactent sérieusement la saison touristique, vitale pour l’économie, qui contribue à près de 20 % des revenus du pays, souligne un reportage de The New York Times.
Normalement, les chameaux à l’entrée du célèbre site archéologique de Pétra se retrouvent entourés de visiteurs affluents. En revanche, cette année, ils passent leur temps à se reposer sur le sable. La journaliste du quotidien a même remarqué qu’"aucun nageur ne flottait dans les eaux pourtant prisées de la mer Morte". La guerre qui ravage le Moyen-Orient depuis deux mois a plongé le tourisme jordanien dans une crise majeure. Bien que la Jordanie soit restée largement épargnée par le conflit, les répercussions sont catastrophiques.
Un chamelier bédouin à Pétra a exprimé son désespoir en affirmant : “On est à 1 % de ce que c’était”. Cela illustre la vulnérabilité de ce secteur, que le porte-parole du gouvernement a également évoqué, précisant que “la moindre vague affecte le tourisme”. Les tensions régionales rendent le climat encore plus précaire, transformant l’espace aérien jordanien en une trajectoire de missiles.
“La crise n’est pas terminée”
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de visiteurs européens a baissé de 27 % en mars par rapport à l’année précédente, avec plus de 6 000 vols annulés en deux mois. Yazan Mahadin, directeur du parc archéologique de Pétra, affirme : “La crise n’est pas terminée car personne ne sait ce qui va se passer”. Cette situation laisse 85 % de la population locale de Pétra ainsi que le pays totalement dépendants de la reprise du tourisme.
La Jordanie, jadis un “havre de calme dans une région agitée”, souffre aujourd'hui d’un effondrement de son image. The New York Times signale que l’opinion mondiale assimile la région à un champ de bataille, un récit que le gouvernement essaie de corriger. La réalité, cependant, reste tragique pour un secteur qui représentait jusqu’à 18 % des recettes de l’État, avant que la guerre à Gaza ne vienne perturber une éventuelle reprise.







