Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s'apprête à écrire une nouvelle histoire en élisant sa première femme à la présidence. Les 175 membres sont face à deux figures marquantes : Claire Thoury, militante associative, et Dominique Carlac'h, entrepreneuse aguerrie.
Lors de la séance plénière qui a eu lieu mercredi, les candidates se sont exprimées avant un scrutin secret qui déterminera la présidente de la troisième chambre du Parlement français. Celle-ci aura pour mission de guider l'institution jusqu'en 2031.
Claire Thoury s'engage à faire du Cese "un repère dans ces temps troublés", plaidant pour une voix qui conseillerait le gouvernement et le Parlement de manière réactive et en phase avec les réalités politiques. De son côté, Dominique Carlac'h prône la création d'un "observatoire des tensions" pour un suivi approfondi des impacts des décisions.
Le Cese est composé de conseillers issus de divers horizons : 52 représentants des syndicats, autant des organisations patronales, ainsi que des acteurs de l'environnement et des associations. À 36 ans, Thoury dirige le Mouvement associatif, un réseau qui regroupe plus de 700.000 associations, tandis que Carlac'h, âgée de 57 ans, se présente avec le soutien de nombreuses organisations patronales importantes.
"C'est une compétition serrée", a commenté Carlac'h, soulignant que plusieurs organisations n'avaient pas encore exprimé de soutien officiel. Thoury, en revanche, mise sur son large réseau bien établi au sein du mouvement associatif.
La future présidente aura la tâche délicate de défendre la pertinence du Cese face à des critiques croissantes sur son efficacité et son coût. La commission des Finances de l'Assemblée nationale et la Cour des comptes ont récemment remis en cause son utilité, mais 70 figures syndicaux et associatifs soutiennent le rôle de l'institution dans le dialogue social, faisant valoir que son coût représente seulement 0,006% du budget de l'État.
Philippe Juvin, député LR, a lui-même proposé de supprimer le Cese, le qualifiant de dépense non essentielle. Pourtant, selon Thierry Beaudet, le président sortant, le budget de l'institution a diminué de 44 millions d'euros à 34 millions d'euros ces cinq dernières années, malgré une inflation croissante.
La réforme de 2021 a transformé le Cese en chambre de la participation citoyenne, permettant l'organisation de trois conventions sur des sujets sociétaux majeurs, bien que leurs effets demeurent à ancrer. Thoury, confrontée aux critiques sur les avis consensuels, a affirmé qu'il est crucial d'accepter les divergences constructives. Carlac'h abonde dans ce sens, argumentant que l'approche trop consensuelle du Cese pourrait nécessiter des réajustements.







