Alexandra Palt, présidente du WWF France, a annoncé sa démission, entraînant une onde de choc au sein de l'ONG. Alors qu'elle était en poste depuis moins de deux ans, son départ est le fruit de tensions internes exacerbées par sa participation à un rassemblement contre le racisme à Saint-Denis.
Dans un message partagé sur LinkedIn, Palt a précisé qu'elle a choisi de quitter ses fonctions pour anticiper une "procédure de destitution". Cette décision fait suite à des incertitudes concernant son management et à des reproches formulés à son encontre par d'autres dirigeants de l'organisation.
Le WWF, via un communiqué, a pris acté de sa démission tout en soulignant des dysfonctionnements managériaux qui auraient entaché son mandat. La direction lui reproche des prises de position politiques incompatibles avec l'apolitisme de l'organisation.
Un rassemblement contre le racisme au cœur de l'affaire
Palt a réagi sur la plateforme sociale en indiquant que ses désaccords avec certains membres du conseil d'administration étaient explicitement liés à sa participation personnelle à une manifestation contre le racisme. "Ce désaccord est devenu explicite après ma participation à cet événement", a-t-elle affirmé.
Un représentant du WWF a estimé que sa présence à la manifestation contredisait les *principes d'apolitisme* de l'organisation, affirmant que "son objet social n'intègre pas la lutte contre le racisme". Isabelle Autissier, présidente d'honneur du WWF, a expliqué que le cadre de l'ONG exigeait une neutralité politique.Le Monde souligne que cette situation a fait ressortir des tensions anciennes.
Palt, pour sa part, rappelle qu’elle avait assisté à cet rassemblement sans afficher son lien avec le WWF, faisant valoir que son engagement personnel sur des sujets sociétaux ne devrait pas lui coûter son poste. Selon un article sur Mediapart, elle a été citée disant que cette lutte est essentielle pour le progrès social.
La question de l’antisémitisme soulevée
Alexandra Palt a également dénoncé une déclaration de l’organisation sur son site, considérant qu’il était inacceptable d’évoquer les donateurs dans le cadre de la lutte contre le racisme. "Nos concitoyens juifs, comme tous nos concitoyens, ne sauraient être réduits à des catégories de donateurs", a-t-elle insisté, affirmant que les questions d'identité et de respect doivent prévaloir sur les intérêts financiers.
Par ailleurs, certains experts en communication ont souligné que cette affaire met en lumière le besoin pour les ONG de clarifier leur position sur des enjeux sociopolitiques. La lutte contre le racisme et toutes formes de discrimination devrait faire partie intégrante de leurs missions, mais le cadre d’apolitisme peut parfois conduire à des situations délicates et contradictoires.
Des dysfonctionnements managériaux évoqués
Enfin, en réponse aux accusations de Palt, Isabelle Autissier évoque "des dysfonctionnements managériaux clairs" qui auraient justifié cette décision. Palt a contre-argumenté en affirmant qu'aucune problématique de gestion ne lui avait été signalée avant cette crise. "J'étais une présidente bénévole sans aucune fonction managériale, contrairement à une présidente exécutive", a-t-elle rappelé.
Le WWF a décidé de passer à un nouvel ordre, annonçant une réunion prochaine du conseil d’administration pour élire un nouveau président. Une situation à suivre de près dans un contexte où les engagements sociaux et environnementaux se chevauchent, révélant les défis auxquels font face les organisations de ce type.







