Un an s'est écoulé depuis le cyclone Chido, qui a laissé Mayotte dans un état de devastation, particulièrement en ce qui concerne l'éducation. Au cœur de cette crise, près de 9 000 enfants sont toujours en dehors du système scolaire, témoignant d'une situation alarmante.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a effectué un déplacement sur l'île afin d'évaluer les mesures prises depuis le désastre. "Nous voulons que les enfants mahorais aient les mêmes chances que les autres", a-t-elle déclaré lors de sa visite, tout en reconnaissant les efforts restants à fournir pour reconstruire les établissements affectés. Selon une enquête du UNICEF, la non-scolarisation concerne presque 9 000 enfants, contribuant à une inquiétante dégradation des conditions de vie.
Cette année, environ 40% des infrastructures scolaires ont été soit détruites, soit gravement endommagées. Les écoles qui fonctionnent souvent mettent en place des systèmes de rotation, où une classe enseigne le matin et une autre l'après-midi, aggravant une situation qui était déjà limitée avant le cyclone. "Cela montre comment Chido a fragilisé une situation déjà précaire", a observé un membre de l'UNICEF, Judie Soret.
Pour répondre à cette urgence, le gouvernement a lancé un ambitieux plan de reconstruction. L'objectif est d’ériger plusieurs milliers de nouvelles classes avant 2031. Cependant, un rapport de la chambre régionale des comptes a souligné que 1 200 salles de classe supplémentaires seront nécessaires pour faire face à la demande croissante.
Dans un contexte d'aggravation des problèmes socio-économiques, l'insertion scolaire se heurte également à d'importants obstacles. Les maires de l'archipel rapportent que les demandes de financement pour la remise en état des écoles ne progressent pas aussi rapidement qu'espéré. Naïma Moutchou a assuré que l'État est là pour accompagner les collectivités dans le volet administratif.
Des experts mettent en lumière le risque de délinquance juvénile accru en l'absence de mesures éducatives. "Il est essentiel de fournir aux enfants une éducation adéquate pour les détourner des chemins de la violence", a affirmé un sociologue local. Les conditions de scolarité restent difficiles, et il est vital que des solutions pérennes soient mises en œuvre pour assurer un avenir meilleur à cette jeunesse.
Malgré la gravité de la situation, le projet de refondation de Mayotte, qui a récemment été approuvé par le Parlement, prévoit près de quatre milliards d'euros d'investissements sur six ans. Un soutien crucial pour relancer l'économie et, par extension, le secteur éducatif de l'île.







