En pleine lumière après une période d'ombre, Bruno Retailleau, le président des Républicains, a fait une annonce marquante jeudi : il se porte candidat à l'élection présidentielle de 2027. Motivée non pas par une quête de pouvoir, mais par un sens aigu du devoir, cette déclaration survient à 14 mois de l'échéance, alors que Retailleau souhaite distancer ses adversaires.
"J'ai pris la décision d'être candidat à l'élection présidentielle", a-t-il affirmé dès le début de son discours diffusé sur les réseaux sociaux. Cette annonce, maintenue sous silence jusqu'à son discours, avait déjà été signalée par un message adressé à ses parlementaires. À 65 ans, l’ancien ministre de l’Intérieur se sent déterminé à changer les choses à travers cette candidature, arguant que seule l'élection présidentielle permet une réelle action politique.
Fidèle à ses convictions, il a promis d'initier des référendums sur des sujets majeurs tels que la justice pénale et l'immigration, des thèmes qu'il ne considère pas comme des opportunités. Ce faisant, il semble prêt à envisager des actions en dehors du cadre constitutionnel, affirmant qu'il "ne promettra rien qu'il ne pourra tenir" et que son objectif est de s'élever contre les "dérives de l'État de droit".
Son début précoce dans la campagne vise à prendre de vitesse des concurrents qui, pour la plupart, restent en retrait jusqu'au printemps, à l'exception d'Edouard Philippe, dont les ambitions s'orientent d'abord vers la réélection à la mairie du Havre.
Le moment choisi par Retailleau pour se lancer est examiné sous différents angles. Mathieu Darnaud, son successeur au Sénat, voit en cela une chance de promouvoir des idées dans le débat public. En revanche, une ministre en exercice a critiqué le “timing” qu'elle juge inopportun, estimant que cette annonce semble davantage motivée par des ambitions personnelles.
D'un autre côté, la récente défaite lors d'une législative partielle en Haute-Savoie face à Éric Ciotti a pu jouer un rôle dans sa décision de dévoiler sa candidature plus tôt que prévu. Par ailleurs, cette annonce coïncide avec la fin d'un procès pour Marine Le Pen, dont l'issue pourrait influencer le paysage politique français des mois à venir.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon envisage sa candidature, tandis que Marine Tondelier prépare une primaire au sein de la gauche, prévue pour le 11 octobre. L'absence de candidat sortant, avec Emmanuel Macron ne pouvant se représenter, exacerbe les ambitions des prétendants.
Malgré une cote de popularité en déclin, Retailleau espère solidifier sa position face à des rivaux internes tels que Xavier Bertrand, Michel Barnier et David Lisnard. La dynamique au sein des Républicains reste complexe, alors que Retailleau tente d'imposer son autorité face à une opposition interne grandissante.
Bruno Retailleau a récemment confié à un groupe de travail le soin de définir le mode de désignation du candidat LR, dont les recommandations devaient aboutir sous peu. Cependant, en prenant l’initiative de se déclarer candidat, il s'affirme comme une figure clé dans la lutte politique à venir.







