Après six longues années d'attente, la justice a enfin rendu sa décision. Le tribunal pour enfants de Créteil (Val-de-Marne) a prononcé, le 11 février, des peines maximales de dix ans de prison pour deux jeunes hommes impliqués dans le viol en réunion de Milly, alors âgée de 18 ans, en 2020. Un troisième individu a également été condamné à six ans pour complicité. Trois autres accusés sont toujours en attente de jugement devant les assises des mineurs.
Cette affaire, qui a débuté en mars 2020, a révélé l'horreur vécue par Milly, alors Atsem dans une école maternelle proche de Niort (Deux-Sèvres). En vacances à Paris avec des amis, elle a été abandonnée à Champigny-sur-Marne, tard dans la nuit, dans un local des parties communes. Ce moment a marqué le début d'un véritable cauchemar.
Menacée pour qu'elle garde le silence
Au cours de l'enquête, Milly a décrit des heures terrifiantes, qualifiant cette période de "pires heures de sa vie". Elle a été agressée par huit hommes, dont la plupart étaient masqués. Les témoignages évoquent des violences physiques ignobles et un sentiment d'impuissance face à la cruauté des agresseurs. Des menaces de mort ont suivi, les amenant à la contraindre au silence sous la menace d'une arme.
Bien qu'elle ait partagé son traumatisme avec sa mère à son retour, Milly n'a pas immédiatement porté plainte en raison de la douleur dérivée de cette expérience. Des études indiquent que seulement 7% des femmes victimes d'agressions sexuelles choisissent de dénoncer leurs agresseurs. Ce n'est qu'en avril 2021 qu'elle se décide à agir, alimentée par les preuves ADN retrouvées sur ses vêtements, soigneusement conservés par sa famille.
Un niveau de preuves accablant
D’après les enquêtes menées par la police judiciaire du Val-de-Marne, quatre mineurs ont été identifiés grâce à ces éléments de preuves, bien que certains ADN n'aient pas pu être exploités. Suite à une audience à huis clos, les deux principaux accusés ont été condamnés à des peines maximales, tandis que leurs avocats ont laissé entendre une possible contestation du jugement. En revanche, les avocats des parties civiles se sont félicités de l'issue de ce procès, soulignant le poids des éléments de preuve accumulés.
Les deux autres jeunes hommes, qui étaient mineurs au moment des faits, sont également attendus devant la cour d'assises des mineurs. Un autre membre, majeur, est jugé pour des menaces de mort. Milly, quant à elle, continue de se battre contre les conséquences de cette expérience traumatisante et a récemment évoqué des tentatives de mettre fin à ses jours, comme elle l'a révélé dans un entretien avec Le Monde, qui a mis en lumière son récit bouleversant fin 2024.







