Le carnaval d'Hasparren a pris une tournure inattendue le 7 février dernier lorsqu'une effigie de Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), a été brûlée. Suite à de vives réactions de l'extrême droite sur les réseaux sociaux, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a décidé de saisir le parquet de Bayonne. Ce dernier a ouvert une enquête pour examiner les enjeux de cet incident, soulignant son caractère vivement polémique.
La tradition du carnaval au Pays Basque se caractérise par le rituel de la brûlure de San Panzar, symbole du pouvoir. Les effigies parfois représentent des figures politiques, comme l'évoque l'évêque de Bayonne. Ce 7 février, un personnage politique de premier plan a été symbolisé, suscitant ainsi des réactions allant bien au-delà du cadre festif habituel.
Edwige Diaz, représentante du RN en Nouvelle-Aquitaine, n'a pas tardé à réagir. Elle a déclaré avoir été alertée par des habitants choqués de cet acte. Elle a affirmé : "Brûler une effigie de Jordan Bardella au carnaval ne peut pas être trivialisé. Ce geste traduit un profond mépris pour les traditions et une instrumentalisation de la fête par des militants d'extrême gauche." Son discours souligne un sentiment d'injustice ressenti par certaines franges de la population face à cet acte culturel devenu un point de discorde politique.
La procureure de la République à Bayonne, Mariel Garrigos, a précisé que cette enquête pourrait viser des infractions telles que l'"outrage sur une personne dépositaire de l'autorité publique" et la "provocation publique à la commission d'infractions ou à la violence". Ces accusations sont révélatrices du climat tendu qui entoure cet événement traditionnel.
Une tradition menacée par la controverse
L'anthropologue Thierry Truffaut a exprimé son inquiétude quant à l'attaque perpétrée aux traditions du carnaval par certaines voix politiques. Pour lui, "brûler une effigie pendant un carnaval est un acte culturel qui vise à créer un espace de critique et de contestation." Il a rappelé des exemples passés, où des figures politiques ont également été représentées de manière provocatrice. Le carnaval est une période où le rire et le désordre deviennent des outils de critique sociale, et ce geste fait partie de cette longue tradition.
Truffaut a également mentionné un précédent où un jeune avait été poursuivi pour avoir simplement interpellé la gendarmerie pendant un carnaval. Cela témoigne d'une certaine frilosité face à des expressions culturelles qui devraient, selon lui, rester libres et créatives. Il a conclu en affirmant que le carnaval est un moment de chaos nécessaire qui, une fois la fête terminée, permet de rétablir l'ordre social.







