Lors des élections municipales de 2020, dans l'Oise, quelques centaines de voix ont suffi pour modifier radicalement le paysage électoral local. À titre d'exemple, à Creil, 960 votes auraient inversé le résultat, tandis qu'à Beauvais, 180 suffiraient à avoir provoqué un second tour. Pourtant, l'abstention des jeunes, représentant une proportion significative, révèle une dynamique électorale souvent négligée.
Dans l'esprit des électeurs, la perception dominante d’une victoire massive de certains élus de longue date l’emporte. Toutefois, comme l’a noté le site Le Parisien, ce n'est pas représentatif de la réalité complexe des votes. À Beauvais, un simple coup d'œil aux chiffres révèle qu’une poignée de voix aurait pu profondément influencer le cours des élections, illustrant l'importance de chaque bulletin.
Pour sensibiliser à cette problématique, l’association #onestprêt a lancé un moteur de recherche, le mobilisator, visant à informer les jeunes de 18 à 39 ans sur leur potentiel pouvoir électoral. Le message est clair : « En 2026, rien ne doit se décider sans la jeunesse ».
Pour qui auraient voté les jeunes abstentionnistes ?
Le fonctionnement est simple : en saisissant le nom d'une ville, les utilisateurs peuvent découvrir le nombre de voix qui auraient pu changer le résultat et le nombre d'abstentionnistes jeunes. Une analyse de six grandes communes de l'Oise souligne que les jeunes représentent souvent une force déterminante non exploitée lors des scrutins.
À la fois Beauvais et Compiègne ont connu un seul tour en 2020. Les maires sortants, Caroline Cayeux (DVD) et Philippe Marini (LR), ont été reconduits sans véritable contestation. Cependant, une étude récente a mis en avant que, par exemple, dans le cas de Beauvais, seulement 180 voix étaient nécessaires pour que la candidature de gauche, portée par Roxane Lundy (Génération.s), puisse se qualifier pour un second tour. Malheureusement, 12 471 jeunes n’ont pas voté, et même un faible pourcentage d'entre eux sur le terrain électoral aurait tout changé.
À Compiègne, face à une marge plus importante, 1 426 voix ont manqué pour Daniel Leca, le challenger. Là encore, plus de 9 247 jeunes se sont abstenus, leur absence a de quoi inviter à la réflexion, notamment sur la nécessité de rallier cette population à la cause électorale.
À Nogent, le maire élu avec 739 voix d’avance
À Creil, le résultat fut encore plus serré. L’élection a donné lieu à un second tour, où le maire sortant, Jean-Claude Villemain, n'a triomphé que grâce à 960 voix d’avance. Selon les données fournies par l'association, plus de 8 500 jeunes se sont abstenus, un chiffre qui illustre une fois de plus le poids décisif des jeunes électeurs dans ces élections.
Dans des communes comme Nogent-sur-Oise et Crépy-en-Valois, la situation se répétait. Le maire de Nogent n'a été élu qu'avec une faible avance de 739 voix, tandis que 4 500 jeunes se sont abstenus. À Crépy-en-Valois, les résultats se sont joués à moins de 600 voix, avec 2 294 abstentions parmi les jeunes électeurs. À Méru, en revanche, l'absence de compétition a réduit l’enjeu électoral.
« J’avoue ne pas être allé voter en 2020 »
Des échanges avec les habitants, comme ce père et son fils de Compiègne, révèlent une prise de conscience tardive des enjeux démocratiques. Le jeune trentenaire avoue : « Je ne suis pas allé voter en 2020... Je pensais que c'était déjà décidé. » Il s'interroge sur l'absence d'initiatives pour engager les jeunes dans des lieux de rencontre comme les bars. Son père renchérit, affirmant que les méthodes traditionnelles de communication ne sont pas adaptées : « C'est aberrant de penser que l'on puisse atteindre les jeunes sur les marchés ou via Facebook. Ils ont un pouvoir d'influence non négligeable sur les résultats politiques. »







